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Billet de blog 14 septembre 2014

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Est-ce grave, docteur ? … Oui, peut-être !

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Malgré un temps trop sec depuis trois semaines, je m’étais dit que certains fonds de vallons autour de « La Chaumette », encore humides à la suite de toute l’eau tombée en août, pourraient peut-être abriter des champignons. Mais une virée de deux heures pour ne rapporter que cela au fond de son panier, c’est de nature à désespérer un ramasseur de champignons.

J’en reviens au titre de ce billet qui ne m’est pas suggéré par le maigre contenu de mon panier où, peu nombreux, mes champignons sont, heureusement quand-même, tous comestibles.

C’est la lecture attentive dans mon lit, hier soir, du journal d’Annonay, « Le Réveil », qui me l’a fourni.

Une dizaine de jours après la rentrée scolaire, commune par commune … c'est-à-dire en fait village par village, le journal faisait le point de cette rentrée dans cette partie nord de l’Ardèche et du massif du Pilat. On y apprend le nombre d’élèves, la fermeture ou la création de postes, la composition des nouvelles équipes avec des photos bien sympathiques d’enfants sages, de parents confiants, d’enseignants décidés à donner le meilleur d’elles-mêmes (Car il n’y a guère d’hommes dans toutes ces photos).

On y apprend aussi comment se met en œuvre la réforme des rythmes scolaires. Et, alors là, il n’y a plus rien de lisse car l’image qui apparaît n’a rien de tendu certes, mais elle montre très concrètement notre profonde incapacité à prendre ensemble une décision commune.

L’Etat n’a pas fait le choix de dire « La semaine scolaire sera comme ceci, partout ». Et sur un tout petit territoire, habité me semble-t-il par moins de cent mille personnes, cela ne semble préoccuper personne que les écoles privées affichent tranquillement qu’elles resteront à quatre jours et que parmi les écoles publiques on ait autant de formules que de village … avec, il est vrai, quelques belles initiatives en fonction des ressources humaines locales (Comme à Malleval, un village du Parc Naturel Régional du Pilat, où la présence d’une comédienne parmi les habitants se traduit par la création d’une activité théâtre pour les élèves de cours moyen).

Mais alors pourquoi mon interrogation un peu inquiète ?

Ce qui me conduit à cette question, c’est le doute qui m’habite. Est-ce positif parce que révélateur de la capacité locale à trouver les solutions dans le cadre d’un engagement des élus, impliquant les équipes enseignantes et les parents ? Est-ce, au contraire, très inquiétant en affichant une rupture idéologique entre une France de droite-catholique qui a ses propres idées sur l’enseignement et le traduira dans son rythme maintenu à quatre jours et une France laïque déclinant les directives nationales dans une multitude de formules ?

Ce n’est pas simplement par le hasard de la lecture du Réveil alors que j'allais m'endormir, que j’évoque ce sujet deux jours après avoir parlé de « La fin des zinzins zunis ». Le problème le plus fondamental de notre époque ne serait-il pas l’incapacité à se mettre d’accord sur quoi que ce soit, même lorsque les enjeux sont fort limités ?

Alors, docteur, c’est peut-être grave !

Jean-Paul Bourgès 14 septembre 2014

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