Ça cloche … au village gaulois

L’affaire du prêtre pédophile lyonnais et les interrogations sur l’attitude du Cardinal, Philippe BARBARIN, son supérieur hiérarchique, agitent la France entière, ce village gaulois, où les cloches carillonnent à tout-va.

Ces jours-ci dans un autre de mes billets je m’interrogeais sur les vitesses très dispersées de la Justice, entre ce qui est traité à la va-vite et ce qui traîne indéfiniment. Le fil de discussion qui en a découlé a bien montré l’aspect choquant de ces affaires qui ne débouchent pas … parmi lesquelles les affaires politico-financières. Il en résulte un malaise profond, amenant certains à parler de « corruption de l’institution judiciaire ».

Il faut espérer que dans cette affaire de pédophilie d’un prêtre, la Justice se prononcera clairement et rapidement, en particulier sur les plaintes de ceux qui reprochent au Cardinal Philippe BARBARIN de ne pas avoir dénoncé des actes de pédophilie, comme la loi impose à tout citoyen de le faire.

Des pétitions sont lancées contre Philippe BARBARI ; le Premier Ministre a demandé à Philippe BARBARIN « de prendre ses responsabilités » … on croit rêver ! (En quoi revient-il à Manuel VALLS de lui suggérer de démissionner ?). En réponse des mouvements, souvent liés à « La Manif pour tous », allument des contrefeux et voient dans la pression contre Philippe BARBARIN un « lynchage médiatique ».

Ne pourrait-on pas se calmer de tous côtés et laisser la Justice faire son travail … ce qui suppose qu’on lui fasse confiance et qu’on la laisse opérer en dehors des pressions de la rue, des politiques et des médias.

Ce n’est pas un secret que je n’apprécie pas du tout Philippe BARBARIN et j’avais été très choqué de ses positions lors du vote de la loi sur le mariage pour tous ( blogs.mediapart.fr/jean-paul-bourges/blog/160812/un-parlement-de-dieu ) mais, dans le même esprit de séparation de ce qui concerne les Eglises et de ce qui concerne notre société laïque, je suis tout à fait opposé à tout ce qui traite Philippe BARBARIN autrement, et moins bien, qu’un citoyen ordinaire.

Il faudrait, cependant, qu’il évite d’essayer de se défendre en disant qu’il avait, en 2014, écrit à Rome pour informer le Vatican … alors que c’était le Procureur de la République à qui il devait écrire. Ce sont les cloches qui partent à Rome … d’où elles reviennent, d’ailleurs, trois jours plus tard !

Jean-Paul BOURGЀS 15 mars 2016

 


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