Pas d'"état de grâce" mais ...

Etat de Grèce … et régime maigre

Ce matin eut lieu la passation de pouvoir entre Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE.

L’entrée en fonction de Nicolas SARKOZY avait été une catastrophe et la suite aussi, sa sortie fut, au contraire, d’une grande dignité … ce qui confirme qu’il était fait pour sortir.

L’hommage à Jules FERRY ne me réjouit qu’à moitié. Bien sûr le Jules FERRY de l’école me convient bien, mais j’ai toujours du mal à oublier le chantre du colonialisme. Celui à Marie CURIE me réjouit parfaitement. Il me rappelle une cérémonie de remise d’un décret de naturalisation que j’avais organisée dans notre commune, il y a presque dix ans jour pour jour, où j’avais évoqué plusieurs noms de personnes d’origine étrangère, dont celui de Maria SKLODOWSKA, qui enrichirent profondément leur pays d’adoption. Je n'oublierai jamais l'image de ce "nouveau Français" allant alors prendre sa place de trompettiste dans la fanfare municipale pour y jouer avec ses compagnons notre hymne national.

Les choses sérieuses commencent et le sort de l’Europe est en train de se jouer. Il n’y aura aucun « état de grâce » pour notre nouveau Président de la République, mais bien un « état de Grèce » où nous verrons jusqu’où ira la volonté de partage du régime maigre auquel la crise économique conduit l’ensemble de nos pays. C’est dans le dialogue que, dès cet après-midi, François HOLLANDE aura avec Angela MERKEL que l’on pourra juger si le vent a vraiment tourné.

La volonté de partager les difficultés sans s’envoyer la vaisselle à la figure, devrait être le signe que nous faisons vraiment partie de la même famille européenne. Or le premier cercle de la solidarité doit toujours être celui de la famille, même quand on pense que le membre de la famille en difficulté a commis des erreurs graves.

Si ce signe est donné, alors nous pourrons avoir confiance, comme François HOLLANDE vient de s’y ré-engager lors de son discours d’intronisation, dans l’esprit de justice qui présidera à la répartition des efforts indispensables en France même.

En cet instant j’ai totalement confiance … et nous avons tous besoin de retrouver confiance et enthousiasme, comme je l’évoquais dans mon billet du soir de la victoire de François HOLLANDE.

Jean-Paul Bourgès 15 mai 2012

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