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Billet de blog 15 août 2013

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Equipe gagnante

J’aime bien le foot … en spectateur, je dois l’avouer … et, comme une grande majorité de Français, j’aurais sûrement fait un excellent sélectionneur, tellement j’ai l’œil pour repérer ceux qui donnent à une équipe ce « petit plus » qui fait toute la différence au moment des matchs décisifs.

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J’aime bien le foot … en spectateur, je dois l’avouer … et, comme une grande majorité de Français, j’aurais sûrement fait un excellent sélectionneur, tellement j’ai l’œil pour repérer ceux qui donnent à une équipe ce « petit plus » qui fait toute la différence au moment des matchs décisifs.

Depuis quelques temps, comme tout le monde, j’observe une équipe qui, après une saison 2012 – 2013 assez médiocre, aurait pu prendre la tête de la ligue-1, mais semble se préparer à de grandes difficultés qui ne doivent pas tout à la forme physique des joueurs mais beaucoup à l’état d’esprit de quelques joueurs qui se prennent pour des vedettes.

Dans cette équipe, le capitaine a été choisi parce que le sélectionneur savait que jamais il n’aurait un avis contraire au sien. Le sélectionneur avait un peu l’impression d’être lui-même présent sur le terrain avec ce capitaine du genre « grandes jambes et petite tête » qui ne discute jamais. Ayant succédé à un sélectionneur qui entrait carrément sur le terrain, se prenant franchement pour l’individu indispensable qui peut même arbitrer les matchs, il avait promis de mettre fin à ces excès en déclarant devant les dirigeants du club : « Moi, sélectionneur, je n’entrerai pas sur le terrain pendant les matchs ». Cela avait beaucoup impressionné le comité chargé de choisir un sélectionneur, mais depuis qu’il avait eu le job, il avait, manifestement, de plus en plus de mal à rester sur le banc de touche.

Oh ! Surprise dans la constitution de l’équipe, des principes d’équilibre entre les egos des différentes catégories de joueurs avaient manifestement pris le pas sur le souci de leur complémentarité. Un joueur d’origine espagnole, ayant précédemment joué en ligue-2 dans une petite équipe du Sud de la Région parisienne, fut chargé d’occuper l’aile droite, poste hautement stratégique compte-tenu de la force des équipes qu’ils étaient amenés à rencontrer au cours de la saison ultérieure. Un peu étourdi par cette soudaine notoriété, il avait parfois tendance à « se la jouer Zorro » plus qu’à jouer juste le rôle qui lui était confié.

Destiné à équilibrer le fier Espagnol, le sélectionneur avait fait appel à quelques joueurs plus habiles de leur pied gauche, dont un élément issu de la sélection guyanaise, capable de tenir la durée et même de jouer sans problème les prolongations, jusque fort tard en nocturne.

Il y avait aussi dans cette surprenante équipe, quelques joueurs tellement spécialistes du tacle, qu’ils oubliaient parfois de réserver ce talent à leurs seuls adversaires … ce qui avait pour effet de pimenter les rencontres qui, y compris lorsqu’il n’y avait pas d’enjeu majeur, attiraient l’attention des médias qui étaient sûrs de ramener des images originales de joueurs courant tellement en tous sens que leurs adversaires en venaient à se tromper de sens du jeu.

Jamais jusqu’à présent le foot n’avait été revisité avec une telle originalité.

Les traditionnalistes du foot s’en offusquaient très fort. Mais le sélectionneur, conservait sur son visage bonhomme l’inaltérable sourire moqueur de celui qui vient de faire une bonne blague à ses amis comme à ses adversaires.

Les relations entre ces étranges joueurs, parmi lesquels rares étaient ceux ayant déjà joué en équipe professionnelle, amusaient la galerie, jusqu’au moment où, à propos d’une question de durée d’un match, le joueur espagnol, un certain Manuel, cafta, la joueuse guyanaise – j’ai l’impression que j’avais oublié de vous dire que cette équipe était composée à parité de joueurs et de joueuses – en écrivant au sélectionneur pour lui dire qu’il aurait bien mieux joué qu’elle à l’aile gauche aussi sans remettre en liberté tous ces hooligans qui  n’avaient pas payé leur dette envers le club !

Tout à son élégance habituelle, il avait envoyé cette lettre sans passer par le capitaine de l’équipe, ni en prévenir l’ailière gauche.

Ce jour là l’équipe adverse n’était pas même entrée sur le terrain, préférant aller boire un coup au bar du club … tellement ils étaient certains que nos joyeux lurons rentreraient tout seuls le ballon dans leur propres buts.

Serein, comme toujours, le sélectionneur observa ce que l’on hésite à appeler un match sans manifester de réelle émotion, sauf le contentement de voir la joie manifestée par la presse.

Oh ! Quelle belle équipe gagnante !

Jean-Paul Bourgès, le 15 août 2013

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