Ces derniers jours l’air était devenu plutôt irrespirable.
Les faucons, tout esbaudis eux-mêmes de leur plumage, battaient des ailes pour annoncer bruyamment leur envol en direction de ces haut-lieux historiques qui leur auraient permis de « trouver eux aussi leur chemin de Damas ». C’est l’option diplomatique qui a remporté la première manche. Gary KASPAROV a vaincu Bobby FISCHER ! Attendons la suite, alors que François HOLLANDE pédale dans la semoule pour tenter désespérément de convaincre nos compatriotes … via TF1, c’est dire le niveau … qu’il est toujours un acteur majeur dans ce conflit.
Les « leaders de l’UMP » - leur bassesse m’a contraint à un usage de guillemets qui, sinon, n’aurait pas eu de justification - tortillent du postérieur pour expliquer que l’électorat du Front National les intéresse … mais, bien sûr, pas le Front National avec ses outrances … pitoyable spectacle d’hommes dépourvus de toute dignité car, à l’évidence, privés de toute conviction !
Jamais l’Europe n’est apparue aussi peu unie. J’ai failli dire « aussi divisée », mais cela supposerait, déjà, qu’il soit possible d’identifier des positions nationales claires et fermes. Ne perdons pas de temps à passer en revue les positions des principaux Etats de l’Union Européenne dans cette crise syrienne. Pourquoi s’auto-flageller ?
Alors pourquoi ai-je donné un signal d’optimisme avec le titre de ce billet ?
J’ai pour cela deux raisons, l’une très générale est strictement politique, l’autre est exclusivement personnelle, mais c’est peut-être elle qui a le plus de sens politique.
Ma première raison de ne pas me laisser aller à une morosité désespérée, c’est le constat que ce sont les peuples d’Europe et des Etats-Unis qui, les premiers, ont indiqué leur refus de cette option guerrière et simpliste qui se résumait dans le propos : « Il faut punir Bachar EL ASSAD ». Les premiers, traduits par les députés aux Communes, ont franchement opposé un refus à l’enthousiasme guerrier que manifestait David CAMERON. Les opinions publiques américaines, françaises, allemandes … signifièrent au chevalier, Barack OBAMA, et à son fidèle écuyer, François HOLLANDE, qu’il fallait arrêter de jouer aux soldats de plomb sur le tapis du salon … Vladimir POUTINE, un bandit de la pire espèce qui veut, surtout, préserver ses colonies caucasiennes, acheva le travail en les roulant dans la farine.
Ma seconde raison s’est passée, ce week-end, sur le tapis de mon salon, où mon plus jeune petit-fils a passé deux jours seul avec moi à jouer. A bientôt deux ans, cet Anglo-franco-birman s’efforce de parler à moitié la langue de Shakespeare et à moitié celle de Molière en privilégiant la première syllabe des mots qui lui semble suffisante pour se faire comprendre. Il aime rire, chahuter, blaguer … il est l’illustration de la joie de vivre, qu'il m'insuffle plus puissamment que ce que son petit gabarit pourrait suggérer. Il n’est pas imaginable qu’on soit incapable de lui préparer un avenir moins sombre que ce que furent ces derniers jours.
Jean-Paul Bourgès 15 septembre 2013