Il a osé le dire !
Oui, Bachar Al ASSAD a osé dire : « Ce prix aurait dû me revenir », à propos du Prix Nobel de la Paix que le Comité norvégien a décidé d’attribuer à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques.
C’est au journal libanais « Al-Akhbar », proche du Hezbollah, qu’il a fait cette stupéfiante déclaration, qu’il a fait mine de trouver très fine. Il y explique par ailleurs, ce dont on se doutait, que son stock incroyable de mille tonnes était destiné initialement, non à ses compatriotes, mais à Israël afin d’y équilibrer l’arme nucléaire que ce pays détiendrait.
Le seul commentaire que cette déclaration me suggère, c’est que, s’il existait un « Prix Nobel de l’humour noir » il l’aurait incontestablement mérité haut la main.
Ce qui est intéressant c’est aussi le propos qu’il tient à propos de son allié Russe, qui défend son régime très au-delà du raisonnable. Il a, en effet, déclaré : « Avec ce qu'ils font, les Russes ne défendent pas la Syrie, son peuple, son régime ou son président; ils se défendent eux-mêmes ».
L’ophtalmo doit avoir le don de double vue, pour avoir deviné que la Russie n’a qu’une préoccupation de stratégie nationale en le soutenant ainsi.
Tout ceci pourrait être drôle, si ça n’était pas si dramatique !
Je suis insensible à cette forme d'humour damascène. Bachar Al ASSAD ne me fait pas rire, il me fait vomir !
Jean-Paul Bourgès 15 octobre 2013