Un comportement de primaires

L’UMP nous avait, l’an dernier à cette même époque, donné une magnifique démonstration de sa conception de la démocratie avec l’élection volée de Jean-François COPÉ. La commission de contrôle interne avait identifié les fraudes et  reconnu que, dans son décompte final, elle avait oublié des votes exprimés outre-mer, qui, pourtant, auraient inversé le résultat final. Tout esprit tant soit peu rationnel aurait conclu, ou bien qu’il fallait revoter, ou bien que le vainqueur était François FILLON.

Mais l’UMP n’est pas un parti banal, et Jean-François COPÉ fut proclamé élu !

Depuis cette date Jean-François COPÉ est un président de l’UMP totalement dévalorisé, dont les gesticulations ne font même plus rire, tellement elles sont pitoyables.

Une année a passé, l’UMP se perd dans une guerre de succession impitoyable … avec cette extraordinaire innovation correspondant au fait que le de-cujus politique est en train de ressusciter malgré la kyrielle de procédures judiciaires susceptibles de lui causer de sérieux problèmes qui ne seront pas tous résolus par des non-lieux.

Parallèlement « la gauche » s’écarte chaque jour un peu plus de sa vocation en pratiquant une politique très proche de celle de l’ère SARKOZY.

Le résultat s’est vu, ce week-end, dans les urnes avec l’élection d’un Conseiller général du FN, que le réveil de douze pour cent d’abstentionnistes entre les deux tours n’a pas été en mesure d’empêcher.

Quel triste tableau, capable de nous rendre dépressifs !

Le jour où les électeurs de Brignoles choisissaient entre le FN et l’UMP, les électeurs du PS à Marseille étaient convoqués pour choisir celle ou celui qu’ils souhaitent voir porter les couleurs de la gauche lors des prochaines élections municipales dans la cité phocéenne.

Belle occasion de donner une leçon d’intégrité, de respect des règles démocratiques et d’unité dans une ville où le PS a et aura beaucoup de mal à se libérer de l’image de clientélisme et de corruption découlant de la gestion du Conseil Général par Jean-Noël GUÉRINI.

Mais qu’a-t-on vu ?

Un clientélisme éhonté, où le recours à des minibus pour aller chercher les « bons » électeurs chez eux marque juste le professionnalisme marketing dont font preuve ces candidats à la candidature.

Voila le comportement dont certains croient, à l’occasion de ces primaires, que cela va restaurer l’idée que les Français se font du personnel politique ! C’est désespérant, sauf pour Marine LE PEN qui s’en pourlèche les babines.   

Jean-Paul Bourgès 15 octobre 2013

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.