« Regarde-moi »

Faut-il avoir le sentiment d’avoir été haï ou, pire, nié … pour haïr aveuglément à ce point !

Rapportée par un témoin rescapé du massacre, cette parole prononcée par l’un des terroristes, dans la seconde précédant son appui sur la gâchette, « Regarde-moi », m’apparaît plus comme un appel au secours désespéré qu’une cruauté gratuite.

Tout est dit ... même l'indicible, dans un regard Tout est dit ... même l'indicible, dans un regard

Alors, regardons … et nous commencerons, peut-être, à voir.

Nous verrons que, contrairement à un premier réflexe commode, ça n’est pas au Proche-Orient que se situe le nid où la haine éclot. C’est au cœur de notre société, où le racisme se développe.

Dans les propos qu’il a tenus, quelques instants après les attentats, Barack OBAMA a dit en Français « Liberté, Egalité, Fraternité ».

N’est-ce pas le caractère de plus en plus formel, abstrait, déconnecté du réel de notre devise nationale qui fabrique le besoin pour quelqu’un de dire à celui qu’il va tuer : « Regarde-moi » ?

Des mesures immédiates de défense devaient être prises. Elles le furent et nul ne peut y trouver à redire.

Mais extirper la haine nécessitera bien autre-chose que l’instauration d’un état d’urgence.

Refonder notre République sera beaucoup plus long et tellement plus difficile … mais c’est pourtant de cela dont il s’agit. Cela commence par le fait de faire la chasse au mépris des autres … qui nourrit la violence.

Ne pas respecter les autres, alors que cela invite au fait de voir les autres comme une expression de nous-mêmes, c’est choisir de ne pas respecter sa propre vie … car, un jour, cela tourne mal et se paie aveuglément au centuple.

Jean-Paul BOURGÈS 15 novembre 2015

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