Ma lettre ouverte à Edwy PLENEL n’a pas eu de réponse du destinataire mais de l’une de ses collaboratrices. Le fil de discussion qui a suivi met en évidence le trouble que cette affaire cause chez les membres du Club Médiapart : http://blogs.mediapart.fr/blog/geraldine-delacroix/150514/une-etrange-affaire Je diffuse donc ci-dessous la réponse que j’ai adressée, dès jeudi soir, à Géraldine DELACROIX dans le cadre du fil de discussion de son intervention. Il n’est pas possible de nous satisfaire d’une réponse aussi floue de Médiapart.
Madame Géraldine DELACROIX, vous avez choisi d'intituler votre réponse en repartant d'une partie de ma lettre ouverte à Edwy PLENEL. De même que les lapsus sont souvent révélateurs, ce choix ne me semble absolument pas sans signification. Vous avez, enfin, quitté le ton distant et technocratique de votre communiqué imposé la semaine dernière sur les différents billets qui traitaient, en effet, de cette "étrange affaire".
C'est un progrès ... mais il reste beaucoup de chemin à faire pour que Médiapart puisse espérer effacer les doutes, les incompréhensions ... et, comme je l'écrivais à Edwy PLENEL ce matin, notre tristesse.
Vous nous citez des commentaires écrits par Joël MARTIN et l'on peut comprendre que vous lui reprochiez certains propos ... et même, la répétition de ces propos.
Mais vous ne pouvez ignorer que, sur ces questions liées à l'autisme, une maladie d'une exceptionnelle cruauté qui bouleverse ceux qui y sont confrontés, les passions sont souvent portées à leur paroxysme entre ceux qui soutiennent des positions antagonistes, dont la prise en compte met douloureusement en cause ceux qui sont dans l'oeil du cyclone.
Vouloir ignorer cette dimension, alors qu'elle est, manifestement, majeure dans l'opposition frontale entre Joël MARTIN et Alain GILLIS (Ne pas nommer clairement les deux contradicteurs est une hypocrisie dans laquelle je ne tomberai pas), c'est avoir une approche superficielle ou tenter de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Et c'est nous conduire à penser qu'il s'agit véritablement d'une "étrange affaire" dont les tensions entre Alain GILLIS et Joël MARTIN ne seraient qu'un paravent.
Je pense que vous savez que je m'efforce toujours de maîtriser mes propos en évitant tout manque de courtoisie et, particulièrement, en donnant une réponse mesurée ... ce qui n'interdit pas d'affirmer des points de vue avec force ... à tous ceux qui me font l'honneur de commenter mes billets quotidiens.
C'est dire si je ne trouve pas souhaitables certains excès, même dans le cadre de débats un peu chauds.
Mais si l'on cessait de jouer à cache-cache, ne serait-ce pas mieux ?
Certains blogueurs manient l'insulte pure et simple ... qui m'a valu récemment de me voir traiter de "vichyssois" ou, aujourd'hui-même, de "pétainiste". Un journaliste de Médiapart ... je ne le lis jamais pour cette raison ... se permet des insultes inouïes sans que cela semble vous poser les mêmes soucis de pacification de l'expression en conformité avec la charte.
Il n'est pas possible que vous ne compreniez pas pourquoi nous sommes nombreux à avoir trouvé ça "étrange".
La rédaction de Médiapart a une solution et une seule ... celle que les arbitres sur les terrains de football connaissent bien : "remettre la balle au centre".
Cela implique de :
- rendre son droit de publier à Joël MARTIN,
- exiger dès lors, de la part des uns et des autres et en commençant par l'équipe de Médiapart, une stricte observation du respect que toute personne doit à ses interlocuteurs,
- mettre en place un processus démocratique garantissant l'équité des décisions de blocage éventuel,
- abandonner cette notion ubuesque du bannissement définitif.
Je vous remercie d'avoir bougé, je vous assure que vous ne pouvez pas avoir convaincu par ce premier mouvement, je vous dis ma confiance dans le fait qu'il est possible, tous ensemble, de reconstruire ce qui a été détruit.
Très cordialement. Jean-Paul
Jean-Paul Bourgès 16 mai 2014