Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1336 Billets

0 Édition

Billet de blog 16 juillet 2014

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1 Monsieur 2 Madame 3 Robot ? ? ?

Un dossier de demande de classement en priorité pour une famille demandeuse de logement (Dans le cadre de la procédure DALO – Droit Au Logement Opposable) que j’avais préparé il y a deux semaines et posté le 3 juillet, vient de revenir au demandeur parce qu’il n’était pas fait sur l’imprimé en vigueur à compter du 1er juillet.

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Un dossier de demande de classement en priorité pour une famille demandeuse de logement (Dans le cadre de la procédure DALO – Droit Au Logement Opposable) que j’avais préparé il y a deux semaines et posté le 3 juillet, vient de revenir au demandeur parce qu’il n’était pas fait sur l’imprimé en vigueur à compter du 1er juillet.

On peut donc imaginer qu’entre le formulaire applicable jusqu’au 30 juin 2014 et celui qui lui succède le 1er juillet, il y a des contenus si différents que demander au requérant de renvoyer un dossier est pleinement justifié (« Requérant », c’est le doux nom que l’on donne à celui qui, privé de logement, demande qu’on traite sa demande un peu plus vite que la moyenne qui prend, à Lyon, de l’ordre de quatre ans !).

Et, en effet, c’est le cas ...  le nouvel imprimé change tout ! Jugez-en. Entre le document antérieur et le nouveau, quelques rubriques ont changé d’ordre … mais pas de contenu. Ah !, si … et je vous prie de m’excuser d’avoir failli le passer sous silence. Précédemment, en tête du document, le requérant indiquait en cochant une case s’il était « un Monsieur », ou « une Madame », ou « une Mademoiselle ». Sur le nouvel imprimé il n’y a plus que deux cases : « Monsieur » ou « Madame ». C’est largement suffisant pour rajouter quelques jours à l’étude d’un dossier qui, du coup, ne sera examiné qu’en septembre … ou octobre !

Vous l’avez compris ce genre de comportement bureaucratique m’étouffe et me révulse … mais, on n’a pas encore tout vu, le pire n’est pas toujours derrière nous, mais il peut être devant nous.

Ce soir, à France 2, probablement pour nous faire entrevoir un monde meilleur que les horreurs du jour insuffisamment compensées par le retour du soleil, un sujet avait été « monté » sur les robots. Passons vite sur la sottise consistant à s’esbaudir comme une poule devant un couteau au sujet de la visio-conférence avec quelqu’un qui, de chez lui, participe à une réunion de travail puis « se rend dans un autre bureau » pour échanger avec une nouvelle personne. C’était du Canada-dry de robot. Ce qui était davantage du robot ce fut la présentatrice de télévision japonaise qui ingère des dépêches d’agence et les régurgite. On ne nous a, d’ailleurs, pas montré où se situait sa valeur ajoutée.

Quel rêve ou étrange cauchemar, alors que l’on n’arrive plus à fournir à chacun le travail lui permettant d’assurer sa subsistance et celle de sa famille, nous cherchons sans cesse à substituer des machines aux êtres humains. Si l’on arrivait au bout de ce fantasme, il n’y aurait plus de charges salariales, puisqu’il n’y aurait plus de salariés. Il n’y aurait plus de contribuables pour payer des impôts, mais serait-ce important puisqu’il n’y aurait plus de dépense publique ? Plus ennuyeux, peut-être, il n’y aurait plus de consommateurs puisque les hommes n’ayant plus de salaire … ne seraient plus en état de consommer … et les robots ne consomment que du courant électique qui, à cette époque, sera une énergie renouvelable fournie en abondance suffisante par le vent ou le soleil !

Mais, rassurons-nous, sur l’imprimé de demande du DALO la suppression de la case « Mademoiselle » a libéré de la place … on va pouvoir ajouter la case « Robot ».

Jean-Paul Bourgès 16 juillet 2014

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.