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Billet de blog 16 août 2013

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Ceux qui respectent les autres … et ceux qui ne se respectent pas eux-mêmes

Une fois de plus je vais vous parler de cette étrange affaire de poubelles, sur le Plateau Vivaro-Vellave (A cheval sur le Nord de l’Ardèche et l’Est de la Haute-Loire), qui est un exercice tout à fait démonstratif des rapports entre les citoyens et les élus qu’ils se sont choisis.

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Une fois de plus je vais vous parler de cette étrange affaire de poubelles, sur le Plateau Vivaro-Vellave (A cheval sur le Nord de l’Ardèche et l’Est de la Haute-Loire), qui est un exercice tout à fait démonstratif des rapports entre les citoyens et les élus qu’ils se sont choisis.

Les responsables du Syndicat Intercommunal de Collecte et de Traitement des Ordures Ménagères entre Monts et Vallées (SICTOM-e-MV) dont le siège est à Tence en Haute-Loire, bataillent depuis maintenant trois ans pour imposer la solution qu’une multinationale a su les convaincre d’adopter.

Ces technocrates locaux n’avaient pas imaginé qu’il soit utile, je ne dis même pas indispensable, d’interroger les habitants du secteur sur leurs attentes, afin d’adopter une solution répondant aux besoins qu’ils auraient exprimés.

Grande fut donc la surprise de ces « responsables », pour ne pas dire leur indignation, devant la création d’un collectif (Collectif Valorisons nos Déchets CVD auquel de l’ordre de dix pour cent de la population a adhéré) ayant l’audace de contester leur méthode, leurs choix, les options qu’ils traduisaient et de proposer d’autres approches.

Une sorte de guerre de tranchée s’ensuivit et la ténacité du collectif surprit les responsables du SICTOM d’une part, convainquit une fraction importante de la population qui, dans certaines communes, refusa le système du SICTOM-e-MV à plus de cinquante pour cent.

Dans ce contexte, les élus municipaux de Saint Agrève (Commune située au centre de la partie ardéchoise du territoire desservi par le SICTOM), réticents depuis le début, exigèrent et obtinrent l’ouverture d’une concertation qui, depuis huit mois, a conduit les trois principaux responsables du SICTOM à ouvrir le dialogue avec les élus locaux et le CVD (J'ai la responsabilité d'établir les PV des séances de concertation). Des avancées significatives en résultèrent, dont le renoncement à un système entièrement fondé sur l’individualisme, la reconnaissance de l’intérêt d’une approche locale mais collective du compostage, un maintien d’une tarification majoritairement fondée sur la taxe foncière faisant donc plus participer les gros propriétaires que les personnes les plus modestes … et, surtout, une interrogation de chaque habitant sur ce qu’il attend d’un système de collecte de ses déchets.

Dans ce cadre il faut donc saluer l’impulsion des élus ardéchois, mais reconnaître que les responsables du SICTOM ont joué le jeu et n’ont pas empêché l’émergence d’un compromis.

C’est à cette démarche à Saint Agrève que je pense en évoquant « ceux qui respectent les autres ».

Hélas, de même qu’il y avait une « vérité d’un côté des Pyrénées et l’erreur au-delà », ce qui est bon en Ardèche est totalement ignoré en Haute-Loire, où les mêmes responsables du SICTOM refusent tout dialogue avec le CVD, la population et les élus locaux. La Haute-Loire fonctionnerait-elle encore de manière clanique dans l’obéissance aveugle à des féodaux où le suzerain dominerait ses féaux ? On pourrait le croire en lisant la lettre adressée, ces jours-ci, par le président du SICTOM sur un ton comminatoire aux maires des trois communautés de communes situées en Haute-Loire ? Alors qu’il n’existe aucun lien d’autorité entre ce président et les maires du territoire sur lequel il n’a que la charge d’assurer un service public qui lui est délégué, il n’hésite pas à leur donner des ordres en totale opposition avec les conclusions auxquelles il a déclaré adhérer en Ardèche. Il fait partie de « l’écurie politique » de Laurent WAUQUIEZ … cela l’autorise probablement à se croire « oint du Seigneur ».

C’est à ce comportement que je fais allusion en parlant de « ceux qui ne se respectent pas eux-mêmes ».

Pour établir un comportement démocratique, il faut disposer d’un fond culturel reposant sur le respect et la conviction d’une stricte égalité entre les citoyens, qu’ils aient un mandat public ou non. C’est manifestement ce qui manque à ce Monsieur qui n’est pas gêné de s’écraser à Saint Agrève et jouer simultanément au potentat à quelques kilomètres de là.

L’Histoire du Velay est profondément marquée d’autoritarisme s’exprimant au travers de l’Eglise catholique et de quelques grandes familles*. C’est extraordinaire de voir à quel point ces comportements continuent d’être à l’œuvre dans des sujets aussi modernes que notre façon de réagir à l’envahissement par les déchets. Si les manants n’obéissent plus, mais où va-t-on ma bonne-dame ?

* Je recommande la lecture de : "La Réforme. Son implantation en Velay et sur le Plateau Vivarais-Lignon" d’Alain DEBARD aux Editions du Roure. Ce livre éclaire beaucoup de choses qui pèsent encore sur la vie de cette région.

Jean-Paul Bourgès, le 16 août 2013

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