Quoi de plus charmant, de plus léger que cette opérette, où la maline Hélène veut se venger de la bassesse du vicomte Florestant de Valaincourt. Après s’être déguisée en Véronique, elle lui chante ce fameux couplet :
Je vous crois, Monsieur Florestant !
Je vous crois, mais en attendant,
En attendant … Poussez, poussez, l’escarpolette,
Poussez pour mieux me balancer !
Si ça me tourne un peu la tête,
Tant pis ! Je veux recommencer !
Pousser l’escarpolette le plus haut possible, n’est-ce pas ce que fait, tout content de lui, le Florestant, Pierre GATTAZ ?
Il est bien évident que si l’on réduisait la masse salariale, et dans l’hypothèse où le Chiffre d’Affaire resterait le même, on pourrait embaucher le nombre de salariés permettant de retrouver la masse salariale antérieure et, ainsi, être en mesure de produire et vendre plus. Mais ce que le prestidigitateur Florestant n’évoque pas du tout, c’est qu’en ayant réduit les salaires il aurait réduit le pouvoir d’achat et l’hypothèse de maintien du Chiffre d’Affaire ne tient donc pas, sauf dans les rares cas où toute la production est exportée.
On a bien vu ce qu’a donné l’histoire de tous les cadeaux fiscaux et autres faits par l’Etat aux entreprises depuis des années. Jamais ils n’ont freiné, ou a fortiori, inversé l’évolution du chômage.
Véronique – Manuel VALLS se laisse tourner la tête, mais il n’obtiendra aucun résultat de cette façon en demandant au MEDEF de balancer tout notre modèle social.
N’oublions pas cette autre phrase de cette opérette :
De-ci, de-là, cahin-caha,
Va chemine, va trottine
Le picotin te récompensera.
Toute la démarche du MEDEF est décrite là. Aucune ligne claire, mais cheminer et trottiner sont au présent, tandis que le picotin n’est qu’une perspective prudemment mise au futur, illustrant la fameuse formule selon laquelle « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».
Jean-Paul Bourgès 16 septembre 2014