Mort définitive ou renaissance ?

En juillet 2014, la fermeture du Collège Cévenol au Chambon-sur-Lignon fut, pour beaucoup de personnes et bien au-delà du Plateau Vivaro-Vellave, une très grande tristesse … un peu comme l’annonce de la fin d’un monde.

Elle avait été précédée et accélérée par le drame du meurtre, du saccage serait plus exact, d’une jeune collégienne par un jeune nouvellement arrivé dans l’établissement. Mais elle découlait aussi de difficultés financières se traduisant par une exploitation déficitaire (On avait évoqué un chiffre un peu inférieur à cinq cent mille euros).

L’annonce d’une reprise du site par des artistes chinois afin d’y installer un lieu international consacré à la création artistique ne peut être qu’une bonne nouvelle alors qu’au printemps dernier je m’étais promené entre les bâtiments, désormais abandonnés, avec beaucoup de mélancolie et en rêvant encore à un redémarrage d’un lieu d’enseignement de la liberté et du respect des autres.

En y pensant, me vient cette phrase de Paul RICOEUR, qui fut professeur de philosophie en ce lieu : «  Le Bonheur est en quelque sorte, ce qui met un point d’arrêt à la fuite en avant du désir ».

Continuer de désirer que renaisse un nouveau Collège Cévenol, c’était sûrement une fuite en avant. L’annonce de cette métamorphose ramène du bonheur en y réinstallant dès maintenant de la créativité.

Nous verrons bien ce qu’en fera le couple Fan ZHE et Lei SIYIN, soutenus par Eliane WAUQUIEZ-MOTTE, maire du Chambon-sur-Lignon et mère de Laurent WAUQUIEZ.

J’ai quand-même encore un peu de mal à concilier l’idée de la modeste somme qu’il fallait pour faire vivre le Collège Cévenol et l’énormité des dix millions d’euros apportés par ces artistes-investisseurs chinois. Je me console en espérant qu’une bonne part de cet argent correspondra à des artisans locaux dans le cadre de travaux de remise en état des bâtiments.

Comme lorsque le Roi mourait et qu’un nouveau Roi entrait en fonction, soyons résolument positifs et crions « Le Roi est mort, vive le Roi ». A un collège international épris de liberté, succède un lieu d’échange entre artistes du monde entier … on aurait pu connaître pire destin. L’avenir parlera, mais, pour l’instant, je n’ai respiré que l’odeur de l’argent !

Jean-Paul BOURGÈS 16 septembre 2015

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