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Billet de blog 16 novembre 2013

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On en tient une couche !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans un commentaire d’un billet sur la question des rythmes scolaires, Arthur PORTO citait le dicton suivant : « il n'y a que les bébés mouillés qui aiment le changement ! ». Mais c’est collectivement que nous en tenons une couche sans, pourtant, beaucoup nous mouiller.

Le 16 décembre 1965, dans une allocution radiotélévisée (Comme on disait alors), le Général DE GAULLE avait donné la vision suivante du conservatisme et du progrès : «  Il y a, pour ce qui est de la France, ce qui se passe dans une maison : la maîtresse de maison, la ménagère, veut avoir un aspirateur, elle veut avoir un frigidaire, elle veut avoir une machine à laver et même, si possible, une auto : cela c'est le mouvement. Et en même temps, elle ne veut pas que son mari s'en aille bambocher de toute part, que les garçons mettent les pieds sur la table et que les filles ne rentrent pas la nuit ; ça c'est l'ordre. La ménagère veut le progrès mais elle ne veut pas la pagaille, eh bien ! c'est vrai aussi pour la France. Il faut le progrès, il ne faut pas la pagaille ».

On peut, bien légitimement, rire de la vision qu’il avait du progrès et de l’ordre, qui devait lui venir directement de Tante Yvonne et s’épanouissait dans la société de consommation que mai 68 contesta sans la mettre à bas.

L’évolution politique de notre pays me donne souvent l’impression que nous n’avons guère évolué et que nous sommes collectivement accrochés à un passé que l’on magnifie en nous racontant qu’il était glorieux, en exprimant une complète incapacité à imaginer et aborder la moindre évolution ?

Le discrédit grandissant qui touche François HOLLANDE et son équipe ne résulte-t-il pas d’un discours politique inchangé depuis plus de trente ans (A l’époque où François HOLLANDE faisait partie de l’équipe de François MITTERRAND à l’Elysée) ?

Quand on écoute leur façon de parler on a l’impression que le monde s’est figé depuis trente ans, alors que, tout autour de nous, le monde a été complètement bouleversé.

De 2002 à 2012 nous avons connu deux périodes. L’une d’immobilisme sous le deuxième mandat de Jacques CHIRAC, marqué par du sur-place. L’autre tout aussi immobile, bien que marquée de grandes envolées sur le ton du « Courons, courons, courons », en restant immobiles comme un chanteur d’Opéra avec un Nicolas SARKOZY qui prétendait réformer le pays, mais sans avoir dit que ça ne serait qu’au profit des plus riches qui, eux, l’avaient bien compris en fêtant son élection au Fouquet’s. Heureusement il ne mena pas grand-chose à bout, sauf la légitimation des thèses de l’extrême-droite.

Et sur les quelques points où l’équipe actuelle a semblé vouloir réaliser des réformes, on a assisté à des flops fantastiques par une manifeste incapacité à nouer le dialogue qui est indispensable pour qu’une réforme puisse avoir une petite chance d’être acceptée dans cette France crispée.

Dominique de VILLEPIN avait, à l’ONU, répondu à Colin POWEL en disant  « … c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent, l’Europe … ». Son propos visait à éviter la guerre contre l’Irak. Mais, aujourd’hui, ne devrions-nous pas appliquer cet impressionnant discours à poser un diagnostic courageux sur notre situation ?

Devons-nous laisser les seuls tenants de cette pseudo-nouveauté qu’est un libéralisme débridé faire preuve de « modernisme » en démolissant systématiquement ce qui fait le ciment de notre société ?

J’aspire à ce que les jeunes d’aujourd’hui s’emparent de ce sujet pour définir la société plus juste et, du coup, plus efficace dans laquelle ils décident de vivre. Je ne vois rien de tel se profiler, tandis que, comme chacun d’entre nous, je vois l’égoïsme s’exprimer de façon « décomplexée » comme on dit à l’UMP.

Jusque quand accepterons nous ce délitement de l’idée collective de développement économique, moral et politique ?

Jean-Paul Bourgès 16 novembre 2013

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