J’ai plusieurs fois évoqué l’Iran et, en particulier, le combat pour un Iran républicain et laïque que mène, depuis l’époque du Shah, le CNRI (Conseil National de la Résistance Iranienne) et certaines organisations qui y sont liées comme l’OMPI (Organisation des Moudjahiddines du Peuple Iranien), qui combat sur le terrain en tant que force de résistance, ou encore FLL (Femmes Liberté Laïcité) qui se bat pour défendre la condition des femmes en Iran.
Les évolutions les plus récentes, furent marquées par l’accession d’un prétendu « moderniste modéré », Hassan ROHANI, à la Présidence de l’Iran (Un poste totalement sous le contrôle du Guide Suprême, Ali KHAMENEI, qui, dans la coulisse, dirige tout comme un marionnettiste manœuvre Guignol sans laisser sa tête apparaître dans le castelet).
Dans la foulée et à l’occasion d’un ballet aussi minutieusement réglé qu’une chorégraphie sur la scène de l’Opéra, l’Iran tente de desserrer l’étau des sanctions économiques en participant à la négociation de Genève autour de sa démarche visant à l’empêcher de détenir l’arme atomique, ou en allant faire du gringue aux puissants de ce monde à Davos.
En grands spécialistes du chaud-froid, ils réussirent à obtenir des concessions sur le blocus, sans avoir, pour autant renoncé au développement d’une bombe atomique. Globalement, l’opération de danse du ventre orientale pour charmer les dirigeants occidentaux a plutôt bien marché jusqu’à présent.
Durant ce temps, quoi qu’en ait raconté le nouvau Usbek qu’est Régis DEBRAY dans ses « lettres persanes », la terreur continue de régner avec l’une de ses traductions les plus évidentes qu’est le nombre d’exécutions capitales. Une équipe de quatre enquêteurs de l’ONU a récemment rapporté officiellement qu’au cours des deux premiers mois de 2014 le nombre d’exécutions capitales s’est élevé à cent soixante seize, soit trois par jour ! Voila le score du gouvernement d’un « modéré » !
L’une des pires dans les exécutions commises remonte au 4 mars. Ce jour là c’est une jeune-femme de vingt six ans, mariée de force à quinze ans à un homme qu’elle fut accusée d’avoir tué, qui fut pendue. Elle avait « avoué » le crime après avoir été manipulée par le vrai meurtrier qui l’avait persuadée qu’elle ne craignait pas la mort en raison du mariage forcé qu’elle avait subi. Ultérieurement, elle s’est rétractée, mais rien ne put dévier le cours de ce qu’on n’ose appeler « la Justice » et elle fut pendue, en public *… comme vous le montre la photo ci-dessous.
Regardez bien cette photo et relisez le texte de Régis DEBRAY ( http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/01/24/iran-impressions-de-voyage_4354089_3232.html ) … en vous pinçant pour vérifier que vous ne faites pas un cauchemar pendant votre sommeil.
En tout cas ne vous étonnez pas que je soutienne autant que je le peux le combat de mes amis Iraniens du CNRI et de FLL.
Jean-Paul Bourgès 17 mars 2014
* Un ami Iranien vient de me préciser que l'exécution de Farzaneh Moradi a eu lieu dans la cour de la prison et non, comme habituellement, en public à l'extérieur.