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Billet de blog 17 septembre 2014

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Mutatis mutandis … exit ou pas « la notation »

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ainsi va la vie, au rythme des marronniers qui mobilisent l’intérêt de tous les moutons de Panurge sur le même sujet pendant quelques temps, puis s’estompent souvent assez vite en cédant la place à une nouvelle lubie, qui permettra pendant quelques temps de vendre du jounal et donc de faire tourner les rotatives.

La notation fait partie de ces sujets qui passionnent et permettent à l’ensemble des citoyens de se positionner avec des opinions définitives depuis le bonapartiste nostalgique de l’école caserne, jusqu’au doux rêveur (Tu vois, Gilbert, je n’ai pas zappé ton commentaire de ce matin) qui imagine un milieu scolaire à la carte, autogéré et où seule compte l’évaluation de chacun par lui-même.

Parmi tous ceux qui liront ce billet je connais un certain nombre d’enseignants, y compris membres de ma famille et je les imagine déjà affutant leurs certitudes.

Au risque d'en décevoir beaucoup qui, au mot « notation » se sont mis à frétiller et s’avançaient déjà, armés de pied en cap tels les chevaliers français se précipitant vers les marécages à Azincourt, je n’engagerai pas le fer avec eux car la notation dont je veux vous parler n’a rien à voir avec la vie scolaire.

Je n’avais d’ailleurs pas parlé de « la notation à l’école ». Vous vous êtes embarqués tout seuls sur cette passionnante piste de nos guerres picrocholines.

Rappelez-vous, bande d’oublieux, ça n’est pourtant pas si lointain … un certain Nicolas SARKOZY était encore le phare d’une pensée de droite qui allait, tel François GUIZOT, nous enrichir tous « en travaillant plus pour gagner plus ».

Lorsque la notation s’exprime par des lettres, avoir un A c’est très bien. Mais quand la notation traduit l’appréciation de la conduite financière d’un pays … on va jusqu’à AAA … que je préfère prononcer « Ah ! Ah ! Ah ! » en reprenant ma respiration entre chaque A. C’était, en effet, la belle époque des « Agences de notation » qui délivraient à intervalles réguliers des AAA, voire … ce qui est dramatique de simples AA ou, pire, du AA-, mais on n’a heureusement jamais vu des DDD (Décidément Doucement Débile).

Avec son légendaire mépris pour « l’intendance », le Général DE GAULLE avait naguère affirmé d’un ton de souverain que : « La politique de la France ne se fait pas à la Corbeille ».

Ses successeurs ont été jusqu’à substituer au vote des Français, l’attente anxieuse du verdict de ces « Agences de notation » anglo-saxonnes, dont l’aura n’était que faiblement atteinte lorsqu’on apprenait qu’elles s’étaient trompé dans leurs calculs.

Au moins autant qu’à ses comportements et à ce flirt avec l’extrême-droite inspiré par Patrick BUISSON, Nicolas SARKOZY n’a-t-il pas vu son étoile palir de ne pas nous avoir fait passer du AAA au AAAA (Excusez-moi, ça c’est réservé aux andouillettes) ?

Nous sommes quelques années plus tard, cela va de mal en pis, le MEDEF annonce « la mort de notre modèle social », les scandales succèdent aux scandales, notre déficit s’accroît, la dépression s’installe insidieusement … et nous n’entendons plus les scores attribués par Standard and Poors et consorts. Serait-ce que nous sommes déjà DCD ?

Jean-Paul Bourgès 17 septembre 2014

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