Tel était le cri plaintif du « Père Ducros » dans une publicité datant de quarante ans.
C’est aussi ce qu’a dû penser Laurent FABIUS aujourd’hui.
Loin des turpitudes de la vie politique hexagonale, il se prélassait dans l’avion présidentiel à côté de François HOLLANDE, en direction d’Israël, quand une nouvelle est arrivée à l’avion du président.
Francis COLLOMP, otage français au Nigéria depuis le 19 décembre 2012, venait de s’évader et François HOLLANDE décida alors d’envoyer immédiatement Laurent FABIUS au Nigéria afin d’accueillir notre concitoyen.
Ce pauvre Laurent FABIUS a juste eu le temps de serrer la louche de Benyamin NETANYAHOU, avant de remonter en avion et de se diriger à l’ouest en direction de Lagos pour aller faire la bise à Francis COLLOMP.
Imaginez la frustration du Fafa ! Ce pauvre Laulo, il avait si bien soigné sa sortie à Genève en refusant les termes de l’accord auquel étaient arrivés ses collègues du groupe des « 5 + 1 » dans la négociation avec l’Iran … juste avant ce voyage en Israël, qui s’annonçait triomphal pour lui. Je pense qu’il a dû se traîner à genou dans l’avion présidentiel devant François HOLLANDE. J’entends d’ici ses pleurs et ses arguments du style : « Mais, François … oh, pardon, je veux dire, Monsieur le Président, on ne peut pas faire ça aux Israéliens, les priver de ma personne, leur signifier qu’un obscur otage français au Nigéria est plus important qu’eux à vos yeux ! Pourquoi ne pas envoyer d’autres membres du gouvernement depuis Paris ? Jean-Marc AYRAULT, par exemple, ça redorerait son blason ? Ah, non, vous trouvez que ça serait mal pris par les Nigérians ? ! Alors, pourquoi pas Christiane TAUBIRA ? Là-bas, au moins, personne ne lui reprochera d’avoir la peau noire ! … ».
Rien n’y fit et François HOLLANDE resta inflexible, pour une fois.
Et c’est à ça que Laurent FABIUS comprit que la haine de François HOLLANDE à son encontre restait toujours aussi forte … et, comme tout bon éléphant qu’il est, c’est en vieux pachyderme solitaire qu’il prit la piste qui conduit au cimetière des éléphants au fond de la forêt.
Jean-Paul Bourgès 17 novembre 2013