Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1336 Billets

0 Édition

Billet de blog 17 novembre 2015

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Décidons de nous aimer

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Effet de mon âge, qui m’a vu entrer dans la vie active en 1968, il m’a toujours semblé préférable de faire l’amour que la guerre.

Nous savons que les terroristes qui ont agi il y a moins de cent heures à Paris, comme ceux qui ont brisé deux-cent-vingt-quatre vies russes dans le Sinaï et quarante-quatre autres il y a cinq jours à Beyrouth-sud, sont pilotés depuis Raqqa où s’est installé Daesh.

Seule une coalition mondiale, asséchant totalement les ressources financières de cet Etat d’un nouveau type, pourra en venir à bout. Hélas cela doit être accompagné par des actions militaires, car l’étouffement doit aller vite et impose donc un usage des armes de l’ensemble de la coalition à rassembler. Mais, si j’ai dit « hélas », c’est que jamais la guerre n’a apporté autre-chose que le malheur pour de nombreux innocents, mais on ne peut pas toujours y échapper.

Mon billet de dimanche traduisait une incompréhension, dont j’ai constaté qu’elle est largement partagée, devant le fait que de jeunes Français puissent ainsi massacrer sauvagement d’autres Français. Je suggérais qu’avant l’action, on regarde d’abord en tentant de comprendre ce qui s’est passé (N’oublions pas que ces actes terroristes se répètent maintenant depuis plusieurs années … et qu’ils ont tous été commis par de jeunes Français).

Devant une scène de crime, avant d’en rendre de nouveau l’accès possible, on sécurise le lieu et on laisse la police scientifique y opérer tous les prélèvements nécessaires à l’élucidation du crime en vue de l’arrestation des présumés coupables.

Devant ce qui a eu lieu, il me paraît tout aussi indispensable de ne pas piétiner n’importe comment et de se donner un temps d’observation et d’analyse.

Au-delà et dès à présent, une nécessité absolue apparaît. Faire cesser tous, je dis bien tous, les discours de haine et de rejet de certains habitants de notre pays à l’encontre d’autres habitants.

Bombarder Raqqa, il le faut sûrement, mais il faut aussi bombarder moralement et dans une unanimité nationale ceux qui sèment la haine et la division car ils sont les alliés objectifs des criminels de l’Etat Islamique qui ne cherchent que ce résultat. Ceux qui sèment la haine, portent atteinte à l’unité du pays et ils sont donc, à mes yeux, des traîtres à notre pays.

Plutôt que décider bruyamment de faire cette guerre à laquelle on nous contraint, décidons de nous aimer, en considérant nos différences comme des atouts et non des handicaps … et ça n’est pas plus facile que de partir à la guerre.

Au fait que signifie exactement le Jihâd ? La guerre-sainte ne s’appelle pas Jihâd dans le Coran. Les spécialistes du Coran précisent que le Jihâd c’est « œuvrer de son mieux pour accomplir le bien ».

Cela n’a rien à voir avec la folie des sauvages ignares de Raqqa et l’application qu’en font les enfants perdus issus de chez nous.

Il me semble que nous avons tous à pratiquer le vrai Jihâd ici, en France.

Jean-Paul BOURGÈS 17 novembre 2015

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.