Alors que l’été est presque terminé et qu’il fut plus que médiocre, il peut paraître étrange de se réjouir que les ultra-violets aient plus de mal à atteindre le sol et donc nos peaux blafardes qu’une trentaine d’années auparavant.
Il se trouve, d’ailleurs, que le danger pour la santé d’une trop fréquente exposition directe au soleil est beaucoup mieux connu aujourd’hui qu’il y a trente ans. Comme pour d’autres dieux, on est passé d’une béate adoration du « Dieu-Soleil », à une fréquentation plus mesurée et pour tout dire assez méfiante.
Si j’évoque ce sujet aujourd’hui c’est en raison de la publication par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) et l’OMM (L’Organisation Météorologique Mondiale) d’un rapport sur l’évolution de la couche d’ozone, d’où il ressort que, conformément au protocole de Montréal en 1987 avec la suppression très rapide des CFC (Chlorofluorocarbones) qui servaient alors dans toutes les bombes aérosols, la couche d’ozone est en train de se reconstituer et sera de nouveau complète d’ici 2050.
La communauté internationale a, là, matière à se féliciter de son efficacité puisque la décision de supprimer l’usage des CFC fut vite prise dès que leur rôle d’agent destructeur de l’ozone fut démontré par les scientifiques. Il y avait pourtant sûrement des lobbies économiques pour résister à la substitution d’autres gaz au CFC dans les bombes de laques pour les cheveux, mais on ne coupa pas les cheveux en quatre et le protocole fut signé en 1987 et aussitôt mis en œuvre.
Hélas les mêmes PNUE et OMM redisent que les perspectives concernant le réchauffement climatique sont tout à fait catastrophiques et, d’ici la fin de ce siècle, la hausse des températures pourrait bien atteindre 5°C. Quand on sait qu’à partir d’une élévation de 2°C les météorologues s’attendent à une complète déstabilisation des climats, on voit clairement que ce qui nous est annoncé ce sont des étendues considérables vouées à la désertification et donc aux famines, une raréfaction de l’eau potable, une montée des eaux bien pire que tout ce qui a déjà été imaginé et qui ne se contentera pas de noyer les Maldives ou le delta du Gange, une transformation radicale des climats des zones tempérées où les typhons deviendront si fréquent que des tempêtes comme Xynthia seront usuelles …
Mais, le 23 septembre, BAN Ki-moon réunit les chefs d’Etats pour tenter, une nouvelle fois, de les mobiliser pour une action énergique contre ce réchauffement climatique. L’affaire du CFC montre que nous pouvons faire beaucoup … dès que nous le voulons vraiment.
Ce qui se passe … ou plutôt ne se passe pas … pour une rapide transition énergétique, montre juste que ce sont les puissances de multinationales qui sont la clé. Dans le cas du CFC, elles n’étaient pas très puissantes, ça a donc avancé rapidement. Dans le cas du pétrole qui, depuis le début de son exploitation industrielle, au XIXème siècle, est le motif réel des pires conflits pour son contrôle, les actions visant à limiter puis drastiquement réduire son usage et donc la fabrication de CO2 et de CH4 n’avanceront que lorsque la dernière goutte de pétrole aura été extraite du dernier puits ou de la dernière poche de gaz de schiste.
Le lobby pétrolier bloque tout … sauf la mécanique diabolique qui rendra la terre invivable.
Jean-Paul Bourgès 18 septembre 2014