Quelle place pour la nature ?

Retrouver le sens et le goût de ce qui est naturel

La France a changé de Président et de Gouvernement. L’action de rénovation est lancée, les grands rendez-vous internationaux vont se succéder et l’on peut espérer qu’il en découlera un arrêt d’une dégringolade qui, ces derniers mois, semblait inexorable. Nos dirigeants précédents, très portés pourtant sur le coup de menton impérieux à la manière de MUSSOLINI, étaient tétanisés devant cette situation au point que beaucoup de personnes s’étaient laissé convaincre qu’il n’y avait rien à faire pour en sortir autrement qu’en plongeant toujours plus bas. L’égoïsme que l’on a vu jouer le rôle de ressort politique principal au cours de ces dernières années est la conséquence d’une réaction d’assiégés manifestée par les plus avantagés qui, sans croire à un avenir meilleur, s’accrochèrent à l’idée de préserver leurs avantages … sans s’inquiéter de voir les plus pauvres s’enfoncer chaque jour un peu plus.

Je refuse viscéralement ce défaitisme et cette lâche acceptation d’une France de plus en plus dure pour les plus modestes et refermée frileusement sur ses frontières.

Au-delà de ces considérations générales, je veux aujourd’hui évoquer un sujet qui n’est pas d’apparence politique, mais qui me semble important pour l’équilibre de notre vie.

Hier nous avons reçu à la maison un petit groupe d’enfants d’un établissement voisin, où ils sont placés par décision de justice pour les protéger d’un cadre familial menaçant pour leur équilibre. Nous les avons emmenés se promener en carriole à âne, puis ils ont joué dans le jardin avec ma grosse chienne, Bouvier Bernois. A ce moment là des voisins sont passés avec leurs enfants et petits-enfants et ils se sont tous mis à brosser l’âne ou jouer avec la chienne sans se soucier d’aucune façon de qui ils étaient et d’où ils venaient. Belle illustration d’un « vivre ensemble » facilité par le jeu commun avec les animaux autour desquels l’amitié et le partage s’installent immédiatement.

Ces enfants, souvent difficiles à contenir parce que fortement fragilisés, ont été d’un calme absolu et ils ont joué très paisiblement avec l’âne, la chienne et le chat.

La réflexion que je me faisais en les voyant faire c’était qu’il faudrait revenir sur ces règles dictées par un hygiénisme étroit et qui interdisent que des animaux soient présents dans les maisons d’accueil de l’enfance, alors que beaucoup de Français ont chez eux des animaux de compagnie.

Bien sûr un chien peut transmettre des puces, des tiques … et bien d’autres parasites et maladies. Mais il apporte aussi un contact avec le vivant qui me semble un avantage bien supérieur et dont il est regrettable de priver les enfants qui en auraient le plus besoin.

A l’inverse, ne nous étonnons pas de comportements caractériels, d’enfants que l’on fait vivre dans un environnement artificiel et donc déshumanisé.

J’ai peur de cette vie aseptisée que nous avons laissée prendre le pas sur la nature et je pense que de nouveaux équilibres avec le monde animal vont devoir être recherchés. Nous consommerions sûrement moins de neuroleptiques si nous avions plus de contacts avec les plantes et les animaux.

N’y a-t-il pas là une réflexion de nature politique à ouvrir ?

Jean-Paul Bourgès 19 mai 2012

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