Pendant que Manuel VALLS promettait des larmes et du sang aux Français les plus modestes, tout en pratiquant une honteuse langue de bois, Matteo RENZI met en œuvre une politique fort différente en Italie.
Mais, tout d’abord, pourquoi suis-je aussi agressif envers un Premier Ministre dont les mesures semblent pourtant approuvées par tant de Français ? C’est parce que je me demande vraiment si l’on nous prend tous pour des benêts lorsqu’on nous dit que le gel des revenus ne touchera pas les minima sociaux … alors que l’APL fait partie de ce qui va être gelé … autrement dit dont la valeur réelle baissera chaque mois au rythme de l’inflation. Quand on sait que le niveau à partir duquel on ne touche plus d’APL est de l’ordre du SMIC pour une personne seule, on voit bien que l’APL concerne les plus modestes et eux seulement.
C’est la même chose pour le gel des retraites qui sont bien souvent inférieures au SMIC. N’aurait-on pas pu, au moins, éviter ce gel sur l’ensemble des retraites en n’appliquant pas ça aux toutes petites retraites ?
Ce sont bien les moins favorisés qui vont souffrir le plus fort en valeur relative et les dénégations de Manuel VALLS n’y changeront rien.
Parallèlement on découvre qu’un membre de l’IGAS, fonctionnaire fort correctement payé, arrondissait ses douloureuses fins de mois en étant rémunéré par des labos pharmaceutiques. Comme il n’est pas imaginable qu’une nomination comme conseiller auprès de la présidence de la République puisse intervenir sans la fourniture d’une fiche de police permettant de vérifier qu’il n’a aucune casserole, soit la police fait mal son travail, soit on n’a pas voulu en tenir compte au plus haut niveau. Je préférerais la première hypothèse mais je pense que c’est la seconde qui est la plus probable. Savoir qu’à l’Elysée même on a de tristes individus comme cela, porte un coup fatal à la confiance dans l’exécutif.
On nous dit que les Français approuvent la politique de Manuel VALLS … je crois surtout que, pour l’instant, ses coups de menton ont fait croire qu’il allait sauver le pays. Plus grande sera la déception et le retour de flamme.
Pendant ce temps, en Italie, Matteo RENZI préserve les revenus des plus modestes et il s’attaque aux privilèges des plus favorisés et, geste symbolique, il a commencé la vente aux enchères d’une partie du parc de grosses cylindrées qui équipait les ministères où ne seront gardées que les voitures nécessaires pour le service. Il baisse les impôts des Italiens les moins riches et veut taxer les banques.
Quel paradoxe de voir un Premier Ministre, qui continue de se dire socialiste, et qui va appauvrir les plus pauvres, tandis qu’au-delà des Alpes son homologue, situé politiquement au centre façon MODEM-UDI, pratique une politique ressemblant à ce que les vrais hommes de gauche demandent en vain depuis des mois.
Il y a de quoi y perdre son latin … et au moins son romain.
Jean-Paul Bourgès 20 avril 2014