Il y eut « la crise des subrimes », « la crise du pétrole », « la crise de je ne sais plus quoi » et, désormais, « la crise des migrants » … qui obsède le monde occidental, depuis qu’il a « découvert » que l’Afrique a dépassé le milliard d’habitants dont beaucoup vivent dans des conditions misérables.
« Heureusement », pensent beaucoup de nos concitoyens, « mare nostrum » est là pour imposer des points de passage, extrêmement périlleux et même souvent mortels, à ceux qui se pressent vers le nord de l’Afrique.
A la pointe occidentale de l’Asie, par le plateau anatolien, ceux qui fuient, non la misère mais la guerre, tentent de gagner eux aussi l’Europe, tétanisant ainsi tous ceux qui ne savent plus ce qu’accueillir l’autre veut dire.
Toute honte bue, nos dirigeants sont même allés en Jordanie dire « Gardez-les chez vous … on va vous donner de l’argent pour cela ». Cet argent qui manque, paraît-il, cet argent qu’on ne peut dépenser afin de revenir bien vite à un déficit budgétaire limité à 3% du PNB … il est soudain disponible pour éviter ces migrants qui sont, en fait, des réfugiés découlant du bordel qu’on a bien aidé à s’installer au Proche Orient.
Allons, allons, calmons-nous. Que sommes-nous sinon d’anciens migrants ?
Pour reprendre un peu notre souffle, intéressons-nous à cette découverte récente de paléontologues et de biologistes qui ont réussi à « faire parler » l’ADN d’un fémur trouvé dans une grotte située dans la sierra d’Atapuerca, en Espagne.
Il en ressort que c’est d’Asie et non d’Afrique que venaient ces hommes, il y a environ sept-cent-mille ans !
Ce qui m’importe dans cette information qui bouleverse des idées précédentes, c’est la démonstration que l’Homme n’a cessé de se déplacer sur la Terre, parfois dans un sens, puis dans le sens inverse. Et, lorsque nous imaginons, ou prétendons, conserver pour nous seuls un petit bout de la planète où il fait bon vivre et où la richesse s’est accumulée, nous ne faisons pas tant preuve d’égoïsme … nous démontrons surtout notre stupidité.
Ce n’est pas « la crise des migrants » qui m’impressionne, c’est « la crise de l’intelligence » … qui ne date pas d’hier et ne semble pas s’acheminer vers sa fin. Ne serait-ce pas parce que, plus on sait de choses, moins on les comprend ?
Jean-Paul BOURGÈS 20 octobre 2015