Et si nous, les Terriens, nous étions uniques ?

Dans tous les domaines, les connaissances scientifiques progressent bien vite, aussi bien dans la connaissance de la matière que dans celle de l’Univers. La lecture d’un article sur Cérès, un astéroïde d’un diamètre de l’ordre de mille kilomètres, m’a conduit à diverses rêveries.

Concernant l’Univers, il ne se passe guère de semaine sans de nouvelles découvertes résultant des diverses sondes que l’on a envoyées vers les planètes les plus proches, puis aux confins du système solaire et même hors de celui-ci.

Sans arrêt, désormais, les énormes dispositifs d’astro-physique nous découvrent de nouvelles exoplanètes, confirmant ainsi ce que l’intuition nous suggérait, à savoir l’existence autour de chaque étoile, comme autour de notre soleil, de planètes … ce qui conduit, pour notre seule galaxie, à tabler sur un nombre de planètes s’exprimant par un nombre supérieur à mille fois le nombre des êtres humains sur Terre.

Ces planètes se situent à des distances s’exprimant en nombreuses années-lumière et il est donc totalement inimaginable de s’y rendre, sauf à imaginer que l’on puisse voyager à la vitesse de la lumière.

Les autres planètes du système solaire nous sont maintenant bien connues, même si l’on cherche encore la neuvième dont on a acquis la certitude qu’elle existe, et aucune d’entre elles n’est manifestement propre à accueillir une vie comparable à la nôtre … même si, avec nos moyens technologiques, nous saurons sûrement poser un équipage sur Mars dans quelques années.

Que nous soyons uniques dans l’Univers, ce qui est peu probable, ou qu’il existe d’autres mondes comparables au nôtre et ayant eu une évolution similaire, il est profondément absurde de nous imaginer quittant cette Terre pour émigrer ailleurs. Si nous étions accueillis sur une autre planète, comme nous accueillons ceux qui viennent d’une région toute proche de la nôtre, notre arrivée sur une autre Terre ne nous vaudrait probablement pas les colliers de fleurs que les Polynésiens réservent à leurs visiteurs.

Que nous soyons donc seuls de notre type dans l’Univers … ou que nous soyons nombreux sur d’autres planètes, n’a aucune importance. Jamais nous ne quitterons notre planète, autrement que pour une exploration de sa proche banlieue. C’est donc ici que doivent se concentrer nos pensées et d’abord en faisant en sorte de ne pas détruire le seul endroit où nous pourrons vivre … ou mourir de bêtise pour nous être crus trop intelligents et tout puissants.

Est-ce être trop raisonnable de suggérer de résoudre sur Terre cette horreur qu’est la misère, en utilisant pour cela les moyens colossaux que nous dédions de façon chimérique à nous échapper d’une Terre que nous ne pourrons jamais quitter ?

Jean-Paul BOURGЀS 21 mars 2016

 

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