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Billet de blog 21 avril 2014

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Plus haut et plus fou que le voisin

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pendant des décennies, face à l’urbanisation correspondant à l’abandon de la campagne par un nombre sans cesse croissant de personnes cédant au mirage des villes, nous avons, à peu près partout dans le monde, étendu l’emprise des villes et construit en hauteur.

Des mégapoles ont désormais des diamètres de l’ordre de la centaine de kilomètres. A Tokyo on trouve la moitié de la population française dans des contextes n’ayant plus rien à voir avec l’idée que mes arrière-grands-parents pouvaient se faire d’une vie rurale dans leur Corrèze ou leur Lorraine de la deuxième moitié du XIXème siècle où la « grande ville » était Brive-la-Gaillarde ou Nancy. Aujourd’hui Paris et ses départements de la première couronne n’arrivent qu’au vingt cinquième rang mondial en terme de population.

Ces concentrations de population, sources de fantastiques pollutions, ont totalement changé la nature de la présence humaine sur terre et cela s’est fait à un rythme effarant. On dit que l’une des caractéristiques du monde des insectes c’est qu’ils s’adaptent vite aux changements d’environnement, mais les insectes ne savent pas, aussi profondément, changer totalement d’environnement en seulement trois générations.

Dans ce contexte nouveau nous avons commencé à réviser nos conceptions de l’urbanisme. C’est ainsi qu’à l’étalement urbain, typique de l’évolution datant d’une cinquantaine d’années, à base de villes nouvelles, poussant comme des champignons à des distances de l’ordre d’une vingtaine de kilomètres des centre-villes et qui furent à l’origine de la formule « boulot métro  dodo», on substitue désormais la densification de la ville tout en y ré-introduisant la nature.

Mais, parallèlement à ces démarches raisonnées cherchant à trouver de nouveaux équilibres, la folie des hommes, dont la « Tour de Babel » garde le souvenir mythique, continue de frapper dans une volonté du « plus grand que le voisin » qui fait penser aux gamins de « La guerre des boutons » où la taille du zizi servait de mesure de l’importance des individus.

C’est ainsi qu’en Arabie Saoudite, où l’espace disponible est immense, on s’apprête à lancer la construction d’une tour de mille mètres de haut, plus grande que les tours les plus récentes déjà un peu folles dans le Golfe ou à Shanghaï.

Décidément la folie humaine ne connaît pas de limites, alors que la perspective des 4 ou 5 °C de plus qui nous sont annoncés pour la fin du siècle imposerait un réalisme tout à fait à l’opposé de ces édifices géants et consommateurs d’une énorme énergie.

Jean-Paul Bourgès 21 avril 2014

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