Vous pourriez croire que cette vache est en train de dormir … ne vous y trompez pas … elle rumine.
J’aurais pu, tout aussi bien, illustrer ce billet par la photo d’un flic américain conduisant avec concentration l’interrogatoire d’un gamin suspect d’avoir dévalisé une boutique de vendeur de bonbons.
Et, ayant toujours désormais dans ma voiture une boite de chewing-gum, afin de purifier mon haleine ainsi que le souhaita Maly, j’aurais pu prendre un selfie lorsque je conduis.
Dans tous ces cas, c’est sous forme de vidéo que l’on pourrait constater le mouvement des mâchoires et la corrélative semi-fermeture des paupières qui donne cet air un peu absent et mystérieux.
Nous savons déjà que, lorsqu’elles ruminent, les vaches fabriquent du méthane qu’elles évacuent, ensuite, dans des pets qui contribuent sensiblement à l’effet de serre. La rumination était donc, jusqu’ici, considérée comme néfaste et cela faisait partie des bons motifs que certains ont de souhaiter une énergique réduction de nos élevages.
La capacité d’innovation d’une équipe de chercheurs de l’Ecole de Technologie Supérieure de Montréal est assez remarquable et ils ont imaginé de récupérer l’énergie mise en œuvre dans les mouvements de mastication d’un être humain en l’équipant d’une mentonnière comprenant des capteurs piézoélectriques. A chaque mouvement du maxilaire inférieur, la pression exercée sur le dispositif fixé au menton fabrique un petit peu d’énergie électrique. Oh ! ne rêvons pas, il y a loin de cette source d’électricité à celle des centrales nucléaires. Une dizaine de micro-Watt, à comparer aux giga-Watt des centrales. Le rapport est donc de un à cent mille milliards. Autrement dit, si l’on équipait le menton de chaque humain on produirait moins d’un dix millième d’une seule centrale nucléaire.
Mais, si l’on équipait les vaches, l’énergie produite serait sûrement bien plus importante … et cela éviterait de chasser les bovins de nos prairies … et de nos assiettes (J’ai des tas d’amis qui me regardent de travers parce que j’aime la viande … et depuis le temps que je cherchais un argument écolo pour conserver nos vaches, je vais en user et en abuser). Imaginez, par exemple, la « ferme des mille vaches » produisant de l’électricité renouvelable ! Cela ne relativiserait-il pas le sérieux du combat des membres de la Confédération Paysanne qui s’opposent à cette magnifique réalisation où, en plus du lait produit, la bouse servira déjà à fabriquer du méthane mis en bouteille de gaz ?
L’innovation, il n’y a rien de plus beau … et, d’une certaine façon, rien de plus poétique.
Jean-Paul Bourgès 21 septembre 2014