Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1336 Billets

0 Édition

Billet de blog 21 décembre 2013

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Le changement … du début à sa fin

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je rentrais d’une réunion de la FAPIL-Rhône-Alpes, à Lyon (Fédération des Associations pour la Promotion et l’Insertion par le Logement) quand j’ai entendu sur France-Inter, dans l’émission de Zoé VARIER, une astrophysicienne, Sylvie VAUCLAIR, qui parlait du début des temps, c'est-à-dire le moment où le temps, lui-même, commença d’exister et de se dérouler.

Son domaine de compétence commence à 10-43 seconde après le début du temps ! et elle semble considérer comme banal ce qui s’est produit plus de 100 secondes après ce qu’elle explique être ce début du temps. Pour situer les choses, l’univers aurait probablement de l’ordre de 13,8 milliards d’années et le « temps zéro », à la fois extrêmement flou et fantastiquement court, n’aurait duré que cette infinitésimale fraction de seconde (Une seconde divisée par un nombre comportant un « un » suivi de 43 zéros) … mais qui n’est cependant toujours pas zéro.

Sylvie VAUCLAIR précise, alors, qu’au début tout a été extraordinairement vite, ce qui lui permet de ne s’intéresser qu’aux cent premières secondes, où se serait passé l'essentiel, puis que tout aurait progressivement ralenti … jusqu’à se traîner désormais.

Tout en conduisant ma voiture, sans chercher pour autant à remonter le temps (Je traversais, alors le rond-point de « la Demi-Lune » à Tassin, ce nom ne tombait-il pas du ciel pour aiguillonner ma réflexion ?, ou plutôt ma rêverie comme le titre de l’émission de Zoé VARIER y invite, « L’heure des rêveurs »), je me suis alors mis à repenser à certains sujets que nous avions discutés le matin puis lors du déjeuner qui a suivi.

Il est bien vrai que lorsqu’on relit le slogan « Le changement … c’est maintenant », et qu’on sait que, désormais ce « maintenant » dure une éternité, on comprend mieux pourquoi on ne voit rien changer, alors qu’à l’origine, en cent secondes, l’univers entier s’était créé avec l’intégralité de ses potentialités dont nous ne sommes qu’une misérable et si marginale concrétisation.

J’en étais là de mes réflexions scientifico-philosophiques lorsque je me suis rappelé ce qui m’avait tant énervé, intérieurement, le matin sans que je le montre trop.

Depuis que « ... c’est maintenant », on n’a pas vu passer beaucoup de textes législatifs illustrant réellement que la gauche est aux manettes.

Il y a eu « le mariage pour tous » qui doit tout à l’opiniâtreté et au courage politique de cette magnifique Christiane TAUBIRA. Mais ce n’est qu’une réforme sociétale et non un changement social. On a affirmé là des convictions sur la liberté des hommes et des femmes de vivre leur personnalité dès lors qu’elles ne réduisent en rien la liberté et les convictions des autres. C’est déjà beaucoup mais ça ne doit pas nous détourner de l’essentiel d’une action de gauche qui correspond à la sphère économique et sociale.

On a eu, aussi, le projet de loi DUFLOT-2, dite « loi ALUR », dont j’ai déjà parlé ici. Cette loi vise à réguler un marché de l’immobilier locatif où les moins favorisés n’avaient guère de chance de pouvoir accéder à un logement à un prix raisonnable dans le secteur privé. L’une de ses mesures essentielles était l’instauration d’une Garantie Universelle, et donc obligatoire, des Loyers (GUL). Elle supposait que tout le monde, propriétaires et locataires, soit contraint d’y contribuer à proportion du montant des loyers. Cette GUL avait fait "gueuler" les associations de propriétaires, les agents immobiliers ainsi que les assureurs. A les entendre, cette disposition burocratiquement-technocratique, voire marxiste, allait casser l’envie des propriétaires de mettre leurs logements en location. Entre le vote de la loi par l’Assemblée Nationale et, prochainement, par le Sénat, le gouvernement vient de reculer devant ces lobbies en raison de l’usage du mot « taxe » qui tétanise, ou plutôt terrorise, la gauche … et la GUL n’aura guère duré plus que le début de l’univers évoqué par Sylvie VAUCLAIR. Les propriétaires peuvent être soulagés, on ne les taxera pas, ce mot est trop vulgaire, on tapera dans la caisse vide de l’Etat … et, soyons-en sûrs, la crise de nerfs du logement a été évitée ! ! !

Ces reculades me font penser que certains usent surtout de la machine à remonter le temps. Quelqu'un a récemment suggéré qu'on pourrait être revenus en 1788, est-on sûrs de ne pas être remontés plus haut, par exemple à l'époque de la Fronde où l'Etat avait perdu toute autorité ?

Jean-Paul Bourgès 21 décembre 2013

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.