Notre époque est bien plate et pauvre en événements … comme chacun s’en rend compte chaque jour.
Rien à voir avec l’année 1671, qui voyait le règne de Louis XIV confirmer son caractère céleste s’exprimant avec une infinie modestie dans ce fameux terme de « Le Roi Soleil ».
Déplaire au Monarque, ne serait-ce que par un petit incident dans l’ordonnancement de son repas, conduisit ce pauvre VATEL au suicide, le 24 avril 1671. Il ne put supporter l’idée de rater le dîner à base de poisson – on était en période de carême – qui devait permettre à son maître, le Grand CONDÉ, de recevoir le Roi Soleil à Chantilly et ainsi refermer un épisode familial douloureux, ouvert, vingt ans plus tôt, par sa participation à la Fronde.
Au même moment, fort loin … vraiment fort loin, un astre véritable, celui-là, cessait aussi de vivre et donnait alors naissance à la super-nova Cassiopée.
Nous ne pouvons pas observer VATEL se jetant sur une épée coincée dans le chambranle de la porte de sa chambre. Mais nous pouvons observer, maintenant, une étoile en train de mourir, et c’est ce que vient de faire une équipe d’astronomes américains qui observèrent cet événement dont les images ont mis presque onze millards de secondes à nous parvenir, à raison de trois cent mille kilomètres parcourus durant chaque seconde (Autrement dit à plus de trois millions de milliards de kilomètres d’ici).
Voir une étoile en fin de vie à l’époque où VATEL se suicida, et ne pas être en mesure de comprendre où nous mènent nos comportements, est un paradoxe troublant.
Notre force s’exprime de plus en plus sur le passé … et notre faiblesse sur l’avenir.
Jean-Paul Bourgès 22 février 2014