Pirates, serpents et mangoustes
Le long de la côte Dalmate, aidés par la multiplicité des îles qui leur permettait des attaques fulgurantes, sévissaient autrefois des pirates. Placés idéalement en embuscade sur les routes maritimes suivies par les lourds bateaux qui apportaient à la Sérénissime Venise toute sorte de marchandises précieuses en provenance de l’Orient, les pirates cachaient leur butin sur certains des îlots inhabités de cette côte. Pour mettre leurs rapines à l’abri de concurrents hardis, ils avaient pris soin de peupler les îles de serpents les plus venimeux et, surtout, d’entretenir des légendes épouvantables sur les risques mortels que couraient ceux qui oseraient aborder en ces lieux.
Pour rendre ces îles aux hommes, des moines eurent l’idée d’installer des mangoustes venues des Indes et, effectivement, ces charmantes petite bêtes prospérèrent en se repaissant de serpents … jusqu’au jour où il n’y eut plus de reptiles mais une abondance de mangoustes bien encombrantes et qui éliminèrent de nombreuses autres espèces.
A en croire les différents brulots et autres témoignages émanant des pirates de second ordre tels la directrice de cabinet de Patrick DEVEDJIAN ou cette ineffable Roselyne BACHELOT, on peut penser que le pirate en chef SARKOZY-BARBEROUSSE s’entourait lui aussi de serpents venimeux pour protéger ses prises de guerre qu’il cachait parfois dans l’Ile de la Jatte à Neuilly. Il ne répugnait pas, non plus, à évoquer d’atroces supplices à base de crocs de boucher auxquels il vouait ceux qu’il souhaitait terroriser. Quant à la langue de serpent elle est consubstantielle de la chose politique.
A voir le résultat des élections législatives on peut penser qu’une armée de mangoustes juvéniles vient d’être lancée à l’attaque des drôles de serpents de l’île de la Jatte. Là où l’exemple Dalmate est insuffisant, c’est qu’il ne nous dit pas quand ces mangoustes auront fini leur œuvre de nettoyage … ni ce qu’elles se mettront sous la dent quand les serpents sarkozystes auront tous été éliminés. On ne sait pas non plus, la documentation étant un peu limitée, si les serpents des îles Dalmates se dévoraient entre eux, tandis que l’espèce élevée par SARKOZY semble particulièrement portée sur l’auto-élimination par anthropophagie.
Avec un optimisme raisonnable on peut penser que la droite n’ayant pas le privilège exclusif de l’erpétologie, en quelques tweets bien sentis et grâce à une saine émulation fraternelle en vue de disposer du perchoir et de ses nids auxiliaires bien douillets, d’autres crotales siffleront bientôt dans les allées du nouveau pouvoir … et que les mangoustes continueront d’être utiles et n’auront aucun risque de manquer de nourriture.
Jean-Paul Bourgès 22 juin 2012