A l’issue du « Débat National sur la Transition Energétique » (DNTE), le MEDEF est soudain monté sur ses grands chevaux-vapeurs pour prendre ses distances par rapport au texte, a priori consensuel, qui concluait six mois de travail où le MEDEF avait été, dit-on, actif et écouté.
Dans un long et fort intéressant texte, publié par le journal « Le Monde » daté du 20 juillet, un membre du Comité de pilotage, Bruno REBELLE (Quel beau nom prédestiné), fait part de son étonnement devant ce comportement. Ancien cavalier, cela me fait penser à la volte-face du cheval qui a pris peur à la vue d’un caillou qui brillait au bord du chemin … ce qui fait souvent tomber le cavalier qui n’avait rien vu venir (Ça m’est arrivé avec mon cheval, Caramel … et c’est fort désagréable).
Malgré les imprudentes promesses sur les impôts qui n’augmenteraient plus, accroître la pression fiscale, dès 2014, ça n’est pas souriant, mais est-ce évitable ?
Réformer, une fois de plus, le système des retraites, autrement dit le rendre plus coûteux pour les actifs et moins favorable pour les retraités, ça n’est pas franchement conforme aux engagements du candidat François HOLLANDE, mais tout le monde savait que la « réforme SARKOZY-BERTRAND-WOERTH » n’avait aucun caractère durable et qu’il faudrait de nouveau « repasser à la caisse ».
S’incliner sans cesse devant l’ultra-libéralisme européen et ses trois porte-drapeaux, Angela MERKEL, David CAMERON et José-Manuel BARROSO, cela laisse un goût amer quand on se rappelle les attaques, parfaitement justifiées, du candidat HOLLANDE contre l’alignement de Nicolas SARKOZY sur la Chancelière d’Allemagne.
Mais va-t-on enfin avoir un véritable acte politique, qui sorte ce quinquennat de sa minablerie, en repartant du texte qui concluait les six mois de travaux du DNTE ?
Delphine BATHO aurait été virée parce qu’elle fit preuve de « manque de solidarité gouvernementale » en contestant publiquement le budget dédié à l’écologie. On dit, aussi, qu’un membre important du cabinet de François HOLLANDE est proche, très proche, d’un dirigeant d’entreprise qui avait envie de la voir ailleurs qu’au gouvernement et qui aurait, d’ailleurs, annoncé son limogeage plusieurs semaines à l’avance lors d’un déplacement aux Etats-Unis.
Au Président de la République de faire taire ces rumeurs, non par des communiqués qui sont considérés pour ce qu’ils sont : des insignifiances, mais en montrant, par des actes, que la « transition énergétique » sera la marque de ce quinquennat … comme la décolonisation fut la marque des premières années de la présidence de Charles DE GAULLE. Oser cela, au péril de sa vie et contre l’opinion de son électorat de référence, fut l’expression d’une conviction, d’une stratégie lucidement arrêtée malgré les intérêts de sa base politique … mais il y fallut un tempérament qui ne reculait pas par petit calcul politicien (Son seul commentaire, juste après l’attentat du Petit-Clamart, fut un laconique : « Ils ne savent même pas tirer »).
En lançant résolument la transition énergétique, en disant clairement au MEDEF que son conservatisme le condamne, mais qu’il ne pourra pas enterrer une chance que nos enfants et nos petits-enfants nous reprocheraient de ne pas avoir su saisir, François HOLLANDE devrait pouvoir se hisser à la vigie du BATHO. Saura-t-il cesser de faire uniquement de ridicules ronds dans l’eau sur la mare des canards ? J’aimerais le croire … mais sans trop attendre, autrement dit d’ici la fin de l’année 2013, car ensuite ça sera trop court pour engager les réformes indispensables avant la fin du quinquennat. Et confirmer la fermeture de Fessenheim d’ici 2016, ça n’est pas de la transition énergétique, c’est la gestion d’un parc où la plus vieille centrale doit s’arrêter après de bons et loyaux services … avant que survienne un gros accident. Cette mise à la retraite d’une centrale à bout de souffle, annoncée au moment de la sortie anti DNTE du MEDEF, m’inquiète. Ne nous prendrait-on pas pour des gogos ?
Pour aborder résolument la transition énergétique, il faut d’abord de l’énergie … François HOLLANDE en a-t-il assez ? Qu’il se dope donc … « à l’insu de notre bon gré » !
Jean-Paul Bourgès, le 22 juillet 2013