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Billet de blog 22 octobre 2013

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Nouvel épisode sur le Plateau Vivaro-Vellave

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

J’ai traité plusieurs fois, depuis dix huit mois, l’évolution de cette histoire de poubelles où quelques élus, peu habitués à discuter avec leurs concitoyens, s’étaient imaginé qu’ils pouvaient changer le système de collecte des ordures ménagères en catimini et sans aucun problème. Je viens de redescendre du Plateau pour rentrer chez moi à côté de Lyon, après une réunion ce soir à Tence où fut entérinée une étape fondamentale de ce roman-feuilleton.

Devant le caractère solitaire des décisions prises par quelques élus, un collectif associatif, le CVD (Collectif Valorisons nos Déchets) s’est constitué et, sur les quatre communautés de communes concernées, l’une située en Ardèche a traîné les pieds et refusé l’installation des « poubelles individuelles à puce » tant qu’une véritable concertation n’aurait pas eu lieu.

La concertation exigée par le maire de Saint Agrève et la communauté de communes du Haut Vivarais a eu lieu. Au bout de dix mois de travaux réunissant le Syndicat Intercommunal en charge des ordures ménagères (Le SICTOM entre Monts et Vallées), Saint Agrève et la communauté de communes, enfin le CVD, et sous l'égide d'un médiateur qui n'a pas eu un rôle facile, le président du SICTOM a présenté ce soir à son conseil syndical la motion de synthèse concluant nos travaux. J’ai assuré le secrétariat de la commission de concertation quadripartite. La synthèse présentée ce soir, par celui-là même qui avait cru possible de décider en petit comité, exprime clairement la nécessité de modifier profondément le système qu’il avait tenté de faire passer en force il y a deux ans.

Je ne rentrerai pas ici dans les détails techniques concrets de ce qui a été convenu, mais je me concentrerai sur des aspects touchant au fonctionnement de notre société.

Il est possible à des citoyens, dès lors qu’ils sont déterminés, d’obtenir une évolution importante de projets qui ne leur apparaissent pas acceptables en l’état.

Les politiques qui tentent d’utiliser l’empilement inouï des structures pour décider dans leur coin à quelques uns, prennent un grand risque d’être récusés. Dans le cas qui nous intéresse rendons-nous compte que, pour une population totale de trente mille habitants,  ils élisent trente sept conseils municipaux d’une quinzaine de membres en moyenne, chacun de ces conseils municipaux désigne des délégués au SICTOM, ces délégués élisent à leur tour un président et des vice-présidents qui, pendant six ans, n’en font à peu près qu’à leur tête.

Ce que cette affaire de changement de poubelles et de financement du système a démontré, c’est qu’on ne peut pas se satisfaire de cet empilement qui aboutit à des fonctionnements légaux … mais absolument non démocratiques.

A l’inverse, le processus que nous avons mis en œuvre, obtenu au forceps au départ, a imposé de dialoguer, donc de s’écouter, d’exposer aux habitants concernés de quoi il s’agissait, puis de les questionner d’une façon très précise, enfin d’adopter de façon consensuelle entre ceux qui s’envoyaient des noms d’oiseaux deux ans plus tôt un schéma nouveau découlant des questionnaires retournés par une très forte proportion de la population.

Le seul regret c’est que, pour en arriver là, il a d’abord fallu en passer par une partie de bras de fer, utilisant tous les ressorts bien connus des manifestations et des différentes façons de faire pression sur des élus autistes.

Il reste encore bien du chemin à parcourir, ici et ailleurs, pour que le mot démocratie prenne ou reprenne un sens concret, fondé sur le respect de chaque citoyen.

Jean-Paul Bourgès 21 octobre 2013

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