Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1336 Billets

0 Édition

Billet de blog 23 janvier 2014

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

S’enrichir individuellement sur le dos de la collectivité

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le niveau de corruption est, sans tomber dans un moralisme excessif, un indicateur fort pertinent du bon fonctionnement d’un système politique.

Au niveau communal quand on voit qu’un conseil municipal a adopté un PLU (Plan Local d’Uranisme, ex POS) qui a permis au maire, à sa famille et parfois  à eux seuls, de transformer des terrains agricoles de faible valeur foncière en terrains à bâtir, aussitôt convertis en bon argent sonnant et trébuchant, on est typiquement en face d’un enrichissement individuel au travers d’un  acte collectif et la démonstration de l'inertie de ceux qui ont laissé faire sans réagir. Rien n'est plus pesant que l'omerta municipale de ceux qui ont été élus ensemble et qui se taisent, même quand ils ne sont pas, eux-mêmes, bénéficiaires de ces turpitudes.

Il y a quelques mois nous vimes le ministre chargé du budget de l’Etat, autrement dit de la levée des impôts, se faire coincer sur le fait qu’il avait dissimulé en Suisse puis à Singapour des sommes importantes pour qu’elles échappent à l’impôt … et l’on ne sait toujours pas exactement leur montant ni, surtout, d’où elles provenaient. Ce n'est pas le système politique qui l'a débusqué, mais la presse, preuve que la politique était défaillante.

Ces comportements inacceptables, lorsqu’ils se produisent, ne révèlent pas que la faute de ceux qui s’en sont rendus coupables, ils mettent d’abord en évidence un dysfonctionnement des systèmes de contrôle démocratique qui, en principe, devraient empêcher la faiblesse humaine de céder à l’appat du gain.

Mais l’importance du dysfonctionnement ne monte-t-elle pas d’un cran lorsque se produit un enrichissement personnel à grande échelle au sein d’un système bâti pour promouvoir l’intérêt collectif et justifiant par cela le recours à des autorités échappant à cette concurrence politique qui s’appelle le multipartisme ?

Or c’est pourtant ce qui se passe en Chine où l’on sait de mieux en mieux les fortunes effarantes, dépassant largement pour certains le milliard d’euros, constituées par des dirigeants du Parti Communiste Chinois et, pour une part, planquées dans les paradis fiscaux qu’affectionnent dans nos pays les spécialistes de l’évasion fiscale.

Et pourtant je ne voudrais pas que l’on conclue beaucoup trop vite par un « tous pourris partout ». Tout d’abord parce que, même quand la gangrène se répand autour d’eux, de nombreux élus restent intègres et, ne serait-ce que par respect pour ceux-là, nous devons éviter cette généralisation causée par le fait qu’on ne parle que des trains qui sont en retard. Et puis, et à mon âge on ne se refait pas, je reste confiant dans la capacité de rebond de nos sociétés, mais encore faut-il être nombreux à être prêts à s’investir pour la chose publique, soit comme acteur, soit comme citoyen exerçant une vigilance par rapport à la gestion publique. Se défiler est une lâcheté et une certaine forme de complicité. Dans un système politique bien conçu chacun devrait passer quelques années dans un rôle d'élu et nul ne devrait y rester trop longtemps.

Jean-Paul Bourgès 24 janvier 2014

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.