Il était trois petits enfants ... qui s’en allaient glaner aux champs …

Le texte de Gérard de NERVAL, l’écorché-vif, nous dit qu’après avoir toqué chez le boucher pour solliciter un abri pour la nuit, le boucher les fit entrer en les assurant qu’il y avait de la place pour eux.

Hélas il les tua, les découpa en morceaux et les mit au saloir.

N’est-ce pas ce qui arriva à beaucoup plus que trois petits enfants en mai 2012 où nombreux furent ceux qui voulurent échapper au maintien de Nicolas et se réfugièrent chez celui qui leur promettait de les abriter.

Comme pourceaux il nous tua, nous découpa et nous mit au saloir.

Nous pensions avoir affaire à un ennemi de la finance … il était son complice.

Nous avons cru faire entrer un homme de paix en nos Palais républicains … il s’est mué en Chef de Guerre s’épanouissant à tirer des Rafales contre les civils au milieu desquels se cache Daech.

Nous crûmes qu’après les rodomontades du « petit » Nicolas toujours un peu borderline, nous désignions un homme normal attaché à l’état de droit … et nous aboutissons à la constitutionnalisation de l’état d’exception et à la déchéance de nationalité.

Nous n’imaginions pas que quiconque ose jamais toucher à ce qui avait, conquête après conquête, mis fin au monde décrit par Emile ZOLA … et nous voici menacés par un détricotage du Code du travail que Nicolas SARKOZY n’aurait pas eu l’audace d’effleurer.

Pour les petits enfants mis au saloir, il avait fallu attendre sept ans et le passage de Saint Nicolas pour qu’un miracle les ressuscite.

Le premier dit: « J'ai bien dormi ! »

Le second dit: « Et moi aussi ! »

Et le troisième répondit :« Je croyais être en paradis ! »

Je ne sais si quelque saint passera par ici au bout de cinq ans et nous sortira du saloir, je suis sûr, en tout cas qu’il ne faut pas compter sur Nicolas pour cela … mais je pense que nul d’entre nous ne dira : :« Je croyais être en paradis ! », mais bien plutôt « J’ai fait un tour en enfer ».

Jean-Paul BOURGЀS 23 février 2016

 

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