Hier, probablement victime d’un petit moment de blues, j’avais exprimé mon étonnement devant la détérioration de la situation de ces personnes âgées vivant en Allemagne, qui doivent partir en Pologne pour trouver un établissement adapté à la modestie de leur retraite.
Ce billet a provoqué un ensemble de réactions qui montrent qu’en France le sort des personnes très âgées n’est pas forcément idéal non plus. Certains commentateurs ont fait également le lien avec les textes en préparation sur la fin de vie avec la crainte que, demain, un certain eugénisme … à ne pas confondre avec « un jeunisme » … conduise à accélérer la mort de ceux qui pourraient être ressentis comme encombrants (Dans ma commune, l’enlèvement des encombrants c’est deux fois par an).
Alors, pour vous permettre de commencer la semaine dans l’optimisme, je vous informe qu’il existe des pays où les personnes âgées, même dans un état de décrépitude avancée, sont entourées du respect de tous et que nul ne songe à priver la communauté nationale de leur contribution, qui est ressentie comme irremplaçable.
Ce pays merveilleux, cet Eldorado du vieillard, ce paradis sur terre des aspirants Mathusalem, c’est tout près de chez nous, de l’autre côté de la Méditerranée qu’il se trouve. Oui, il s’agit de l’Algérie !
Le premier bénéficiaire de ce rêve de tout senior … qui ne fait sûrement qu’inaugurer un traitement dont profiteront évidemment tous les anciens de ce pays … c’est Abdelaziz BOUTEFLIKA.
Alors qu’ailleurs dans le monde le système du cocotier, où l’on fait grimper les anciens pour éprouver leur résistance lorsqu'on secoue le cocotier, est le mode de renouvellement inhumain des élites, l’entourage d’Abdelaziz BOUTEFLIKA vient de le pousser à se présenter une quatrième fois à l’élection présidentielle du 17 avril. Il ne viendra probablement pas voter ce jour là, non parce qu’il n’est plus en état de se déplacer … mais par modestie. A moins qu’il vote par procuration, comme il gouverne d’ailleurs depuis une bonne année.
Nous devrions bien nous inspirer de ce respect à l’égard des personnes âgées qui ne se dément pas, malgré les ravages de l’âge.
Quelle belle leçon d’humanité !
Ma seule réserve, éventuelle, c’est qu’il n’est pas exclu que ça démontre que les institutions algériennes se portent aussi bien qu’Abdelaziz BOUTEFLIKA.
Jean-Paul Bourgès 24 février 2014