« Dans les petits pots les bons onguents »

Avec mon mètre soixante-trois …. avant tassement …j’ai toujours été « le géant de la famille », c’est vous dire que, depuis plusieurs générations nous avons plus l’habitude de contempler le gazon que la cime des arbres. Peut-être pour que cela ne nous conduise pas à quelque complexe d’infériorité, maman avait l’habitude de répéter que « dans les petits pots … les bons onguents », à quoi l’une de ses amies, dotée de nombreux centimètres supplémentaires, lui répondait « et dans les grands les excellents ».

C’est une étude d’Eric ABELSON, chercheur à Stanford, qui m’a conduit à cette évocation des questions de taille, qui ne m’ont, à vrai dire, jamais beaucoup préoccupé.

L’idée jusque-là admise c’était que plus les animaux sont grands, plus leur cerveau est volumineux et plus sont performantes leurs capacités cognitives et, du coup, leur capacité à survivre dans un environnement hostile en développant des stratégies élaborées d’adaptation.

L’Homme, animal d’une taille déjà très significative, avec un cerveau volumineux, aurait ainsi pu s’adapter au chaud, au froid, au sec, à l’humide etc … et l’on attribua longtemps la disparition des dinosaures au fait qu’ils n’auraient eu qu’un tout petit cerveau dans un gros corps.

Or ce scientifique a abordé le sujet tout autrement, en partant du résultat pour remonter à la cause.

Il a étudié la liste de toutes les espèces animales menacées d’extinction, c’est-à-dire celles qui ne comportent plus assez de membres pour se maintenir ou se développer. Il a alors vu apparaître que, parmi les mammifères, le risque de disparition était corrélé à la taille relative du cerveau. Autrement dit, les espèces qui semblent devoir survivre sont celles qui ont le plus petit cerveau rapporté à leur taille.

L’explication que ce scientifique propose c’est que plus le cerveau est important, plus il consomme d’énergie au détriment du reste du corps … jusqu’à représenter un véritable handicap.

Autrement dit les champions du QI disparaîtront avant les sous-doués.

Cette étude a un aspect extrêmement inquiétant car ne signifie-t-elle pas qu’un homme politique doté d’un seul neurone a toutes les chances d’être le dernier des Mohicans ?

Jean-Paul BOURGЀS 24 février 2016

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.