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Billet de blog 24 avril 2014

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« Sésame ferme-toi »

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ma femme, Maly, étant partie en cure pour trois semaines, je suis allé sans elle ce mercredi pour assurer le fonctionnement de son « Atelier d’expression libre » qu’elle anime depuis plus de dix ans dans un Centre Social de l’agglomération lyonnaise. Depuis un certain temps, mes activités s’étant un peu allégées, je l’accompagne le mercredi matin et je lui sers d’assistant.

Mais que fait-on donc à cet atelier et avec quel public ?

Nous y accueillons plusieurs groupes successifs d’une douzaine d’enfants de quatre à onze ans pendant des séquences d’une heure et demi. A leur disposition il y a tout ce qu’on peut imaginer en matière de récupération domestique (Emballages de toutes sortes, boites en plastique, en fer blanc, en carton ; bouchons en liège ou en plastique ; morceaux de bois d’origines diverses ; bouts de ficelle, de laine etc …). A voir le remplissage de notre poubelle et, pourtant, tout ce que Maly apporte chaque semaine à l’atelier, on prend une petite idée de l’étrange société du gaspillage dans laquelle on vit. Ajoutons à cela un coin terre, un « banc de peinture », un établi pour scier, clouer, ajuster … et vous aurez une première idée du lieu dont je vous fournis une photo ci-dessous (On y voit Maly et j’ai flouté le visage des enfants en train de s’activer).

Mais pourquoi ai-je donc intitulé ce billet « Sésame ferme-toi » ? On comprend bien que tout ceci ressemble à une caverne d’Ali Baba … même si les trésors ne sont que les fruits de l’imagination de Maly et de l’usage qu’en font librement les enfants.

Il se trouve que ce mercredi, en l’absence de Maly … et c’est peut-être mieux (Car j’étais un peu triste et elle l’aurait été bien plus) … l’atelier a fonctionné pour la dernière fois dans ce lieu magique et au désordre apparent improbable (En fait Maly en connaissait chaque recoin et savait dénicher le bout de laine verte ou le bouchon en plastique rouge nécessaire pour finir de réaliser une magnifique voiture de pompiers).

Pour une fois la caverne d’Ali Baba a fermé, pour ne plus rouvrir sur place. Le Centre Social déménage pour s’installer dans de magnifiques locaux plus spacieuux, clairs, fonctionnels, construits par la mairie … mais qui n’auront probablement pas la poésie du lieu actuel.

Je fais une totale confiance à Maly pour transformer bien vite un lieu ressemblant plus à une chambre d’hôpital qu’à un « atelier d’expression libre » en un vaste foutoir, où sa fantaisie et celle des enfants se rencontreront pour transformer la masse du superflu que notre société fabrique en objets divers correspondant aux besoins enfantins de créer du beau et de l’approximatif.

Après cette « dernière séance » je participais ce soir à une réunion du Conseil de Développement du Grand Lyon et un intervenant déclara : « Tirer un bilan très positif d’une action ne doit pas forcément déboucher sur le refus de faire autrement à l’avenir ». Cette phrase m’est apparue parfaitement adaptée à cette étape de l’atelier de Maly.

Ce n’est pas dans le passéisme qu’il nous faut nous enfoncer, mais dans un avenir nouveau à inventer avec la même disponibilité d’esprit que les enfants qui créent sans se poser de questions inutiles.

Jean-Paul Bourgès 24 avril 2014

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