C’est ça « la réforme » ?

Dans la Garde Républicaine, qu’est-ce qu’un « cheval de réforme » ? C’est un cheval trop âgé pour pouvoir défiler dignement avec sur le dos un cavalier équipé de son casque, de son sabre et d’une lourde tenue représentant une charge totale de l’ordre du quintal, sans qu’à aucun moment son sabot flageole, même sur d’humides pavés.

Désormais le mot « réforme » a pris dans le domaine politique un sens très proche, puisque les Gouvernements qui « réforment » envoient au rebut les dispositions qui avaient fait caracoler les générations précédentes.

Durant des décennies nous avons eu des industries brillantes, que nous étions fiers d’exhiber au CNIT (Centre des Nouvelles Industries et Technologies). Notre agriculture combinait les productions céréalières des vastes plaines de la Beauce et de la Brie, les immenses champs de betterave dont nous tirions un sucre blanc ou roux de la cassonade, mais aussi toutes les sortes de légumes, plus de quatre-cent sortes de fromages, des viandes réputées, les meilleurs vins du monde, débouchant sur le summum de la gastronomie … un pays de cocagne reposant sur le talent, les savoirs accumulés et le travail d’une population courageuse.

Et puis, parce que telle était la doxa, inventée par ceux qui voulaient profiter sans payer et s’étaient emparé des leviers de commande de l’ensemble du monde occidental, on s’est mis à « réformer » … autrement dit à casser systématiquement tout ce qui marchait en prétendant que seul le marché était capable, désormais, d’orienter les décisions dans le bon sens. L’objectif profond était de faire tout produire là où le producteur ne gagne que de quoi ne pas mourir de faim, tout en vendant ce qui a été produit là où les gens peuvent payer.

A propos de bon sens, comment s’imaginer que cela pourrait fonctionner longtemps et nous constatons que nous n’avons pratiquement plus d’industrie, que nous consommons des produits sans grande qualité gustative et que nos derniers agriculteurs ont été conduits au désespoir ? N’est-ce pas le signe concret que la politique libérale est en train de nous tuer ?

Il est, dès lors, évident que, par souci de cohérence … nous sommes encore le pays qui a produit « le cartésianisme » … il faut « réformer » le Droit du Travail.

Comment du siècle précédent, ne resterait-il que son ulcère le plus purulent, cette monstruosité anti-libérale qui prétend soustraire les rapports de force entre employeur et salarié à la seule loi du marché en leur imposant des règles. N’accepter de laisser entrer un renard dans un poulailler qu’après avoir équipé goupil d’une muselière, c’est sûrement odieux pour celui qui est muselé, mais c’est pourtant indispensable pour éviter de dépeupler d’un coup le poulailler.

Cependant Myriam EL KHOMRY, étroitement drivée par Manuel VALLS, prétend bien opérer cette nouvelle « réforme » qui interdirait de mettre une muselière au renard Pierre GATTAZ, qui se pourlèche les babines et n’en croit pas ses yeux, au point de regretter de n’avoir pas eu l’idée d’appeler à voter pour François HOLLANDE en 2012.

Avant qu’il soit vraiment trop tard - si ça ne l’est pas déjà - « réformons » nos responsables politiques … ils ne sont plus capables de porter dignement la Garde Républicaine.

Jean-Paul BOURGЀS 25 février 2016

 

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