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Billet de blog 25 juillet 2013

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Censurer n’est-il qu’un problème financier ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le journal « Le Monde », daté du 24 juillet, a traité d’une façon particulièrement "intéressante" la censure de Médiapart accordée à Monsieur Patrice de MAISTRE par la Cour d’Appel de Versailles.

C’est avec quelque retard que je lis, de moins en moins souvent d’ailleurs, ce journal que j’achète, parfois, en me rendant à Tence.

Mais voila un numéro 21309 (Comme je vis sept jours sur sept, j’en suis à mon 25.178 e jour) que j’aurais regretté de ne pas lire, malgré son caractère squelettique qui ne contribuera que modestement à l’allumage de ma cheminée. Heureusement que le calme de ma maison et l’éloignement des passions immédiates m’apporte le recul nécessaire à celui qui aimerait pouvoir afficher le point de vue de Sirius.

L’article qui expose le sujet se trouve en bas de page à la rubrique « ECO&ENTREPRISE », et cette invraisemblable affaire de censure, n’est abordée que sous l’angle de ses aspects économiques.

Il est vrai que notre journal, Médiapart, qui ne vit que de ses abonnements, doit verser mille euros à Monsieur Patrice de MAISTRE en dommages et intérêts (Une plaisanterie de pure forme au regard des quarante cinq millions de « préjudice moral » versés à Bernard TAPIE. Je serais à la place de Monsieur Patrice de MAISTRE, je serais vexé de la modicité de cette somme … qui doit bien avoir une signification cachée à mettre sur le compte d’un magistrat facétieux !).

« Le Monde » cite François BONNET qui décrit l’absurdité de la décision … mais, nulle part dans l’article n’apparaît la moindre solidarité à l’égard de Médiapart. C’est beau la neutralité d’un grand journal … à vrai dire c’est une qualité éminente … qui s’est perdue.

Quant à la dernière phrase de l’article, où l’on peut deviner avec quelle gourmandise son auteur l’a écrite, elle signale que, par infraction constatée et par vingt quatre heures, Médiapart aurait à payer dix mille euros. C’est probablement en se pourléchant les babines qu’il a dû écrire : « … et dont l’application aurait coulé le site ».

Le comportement confraternel a été traité ailleurs et précédemment.

Ce qui me frappe quant à la dérive, pour ne pas dire le naufrage idéologique du Monde, c’est que ce sujet, éminemment politique et touchant à la liberté de la presse … et mieux qu’à ses droits, à son devoir d’informer, soit relégué dans les pages économiques.

En d’autres temps « Le Monde » aurait eu en une, un éditorial d’Hubert BEUVE-MÉRY pour s’indigner que le troisième pouvoir prétende museler le quatrième pouvoir.

Mais c’était il y a longtemps, c’était à l’époque où « Le Monde » était une conscience, c’était avant qu’il ne reste plus qu’un véritable pouvoir : le pouvoir de l’argent.

Au fait pouvez-vous m’indiquer si les finances du Monde sont bonnes ? C’est plus important que de savoir s’ils ont encore une conscience.

 Jean-Paul Bourgès, le 25 juillet 2013

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