Dans un pays très lointain, imaginez que le grand chef n’ait plus accompli le moindre acte officiel depuis presque un an … sans que cela semble avoir la moindre traduction dans le fonctionnement de ce pays.
Des esprits simplistes comme moi, et sûrement comme beaucoup d’entre vous, peuvent se dire qu’une belle économie pourrait résulter de la suppression du poste de grand chef.
Un pays voisin, la Belgique, a d’ailleurs fonctionné pendant dix huit mois sans gouvernement et l’on n’a pas entendu dire que le pays se soit particulièrement mal porté. On peut juste s’étonner que Jose-Manuel BARROSO, qui vit pourtant à Bruxelles, n’ait pas enjoint aux Belges de ne plus jamais nommer de gouvernement … et, ainsi, de faire de sérieuses économies. Si cette situation s’était produite en Grèce, il n’aurait probablement pas manqué d’en tirer la conclusion qui s’impose.
Mais revenons au pays que j’évoquais en commençant ce billet. Il n’est pas si loin que ça, puisqu’il s’agit de l’Algérie, où Abdelaziz BOUTEFLIKA est presque devenu une abstraction, à force de non exercice de sa fonction présidentielle.
Il ne préside pas les Conseils des Ministres, il n’a pratiquement signé aucune décision … sauf récemment, des changements dans la hiérarchie militaire, il n’a pas mis le nez en dehors de sa résidence depuis son retour de France où il avait passé plus de six semaines pour subir des traitements médicaux.
De nouvelles élections présidentielles sont prévues en avril 2014.
Dans la situation exposée ci-dessus, on pourrait penser logique d’avancer la date des élections pour ne pas laisser plus longtemps ce grand pays sans Président en état de gouverner.
Et, bien entendu, aucun esprit sensé n’imagine qu’Abdelaziz BOUTEFLIKA se présente à cette nouvelle élection pour laquelle il est totalement incapable de mener une campagne électorale.
Raisonner comme cela, c’est montrer qu’on ne comprend rien du tout à la politique algérienne, tout au moins comme la conçoit l’entourage d’Abdelaziz BOUTEFLIKA.
Alger bruisse, en effet, depuis quelques jours d’une rumeur qui, ailleurs, passerait pour un poisson d’avril.
Puisque le Président n’est ni en état de gouverner, ni de conduire une campagne électorale … il suffit de reporter l’élection présidentielle plus tard et c’est une prorogation de deux années qui semble avoir la préférence de ceux qui, dans l’ombre, gouvernent l’Algérie en lieu et place de son Président-zombie.
Quelle créativité ! Mais est-ce le signe d'un Etat de droit ?
Jean-Paul Bourgès 25 septembre 2013