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Billet de blog 25 octobre 2013

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Que se passe-t-il donc entre Rhône et Saône?

J’avais évoqué, il y a quelques jours, le comportement de ce juge lyonnais se rendant sur place, sous l’autoroute qui débouche du tunnel de Fourvière, afin de voir lui-même comment trois cent demandeurs d’asile avaient installé un campement d’infortune cet été, dont la ville de Lyon exigeait la disparition.

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J’avais évoqué, il y a quelques jours, le comportement de ce juge lyonnais se rendant sur place, sous l’autoroute qui débouche du tunnel de Fourvière, afin de voir lui-même comment trois cent demandeurs d’asile avaient installé un campement d’infortune cet été, dont la ville de Lyon exigeait la disparition.

Je dis bien « la disparition » car selon la célèbre réplique de Tartuffe : « Cachez ce sein que je ne saurais voir », c’est la disparition de cette offense au regard des Lyonnais qui était demandée et non la fourniture à ces pauvres gens d’un lieu d’accueil plus approprié.

Finalement, ce mercredi, le juge décida que les campeurs du dessous du Pont Kitchener devaient se voir proposer un autre lieu pour s’installer, et le préfet du Rhône vient de réquisitionner un terrain dans la commune limitrophe d’Oullins afin qu’ils puissent s’y installer.

Le sénateur-maire socialiste de Lyon, Gérard COLLOMB, a obtenu « le nettoyage » de sa ville.

Le sénateur-maire UMP d’Oullins, François-Noël BUFFET, s’oppose à la mise en œuvre de cette décision sur sa commune et invite tous ses concitoyens à signer une pétition en ce sens pour demander au préfet d’annuler son ordre de réquisition.

Lyon est une ville qui a une très ancienne tradition d’humanisme, où s’exprimèrent beaucoup de grands chrétiens comme l’Abbé PIERRE, où fut fondé Handicap-International, où naquit Antoine de SAINT EXUPÉRY et où tous les maires, depuis Edouard HERRIOT, surent toujours trouver un équilibre entre le développement d’activités industrielles et commerciales créant de la prospérité et une politique sociale protectrice des plus démunis. Est-elle débordée par l’attractivité de sa vocation d’accueil ? Ou bascule-t-elle, comme tant d’autres parties de notre pays, dans le repli sur soi ?

Navigant dans cette ville depuis trente cinq ans, élu depuis vingt cinq ans dans une commune de l’agglomération, participant depuis quatre ans aux travaux du Conseil de Développement du Grand Lyon, animant une association d’aide aux personnes en grande difficulté pour se loger, j’ai, hélas, le sentiment que l’égoïsme s’y développe et que la tradition de solidarité de Lyon est en train de se dessécher.

L’élevage ovin rencontre beaucoup de difficultés et, à l’invitation de la Confédération Paysanne, des éleveurs vinrent hier dans Lyon, avec un petit troupeau, dire leur opposition à l’obligation d’introduire une puce électronique dans l’oreille de leurs moutons et de recourir à des animaux certifiés ou à des semences gérées par des organismes contrôlés pour assurer la reproduction de leurs ovins.

J’ai un regard plutôt, et même tout à fait sympathique, pour ces manifestations initiées par la Confédération Paysanne qui tente de nous arrêter sur une pente fatale.

Mais en voyant ce troupeau de moutons déboulant sur la Place Bellecour, avec la basilique Fourvière en arrière-plan … je ne peux m’empêcher de me demander si tous les Lyonnais ne seraient pas devenus des « moutons de Panurge » imitant la tendance générale qui se développe en France ?

Jean-Paul Bourgès 25 octobre 2013

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