Certains, parmi lesquels des journalistes dont j’admire souvent et la plume et le fond de ce qu’ils disent, pensent qu’en voyant à coup sûr Marine LE PEN au second tour en 2017 et peut-être bien … ou plutôt mal … à l’Elysée, on se fait peur pour rien et même on lui donne une importance qu’elle n’a pas.
J’espère qu’ils ont raison, mais ce ne sont pas les turpitudes d’une droite qui fut républicaine mais ne l’est plus, ni les pitreries d’un pouvoir à l’agonie et déboussolé par la succession de ses propres pirouettes, qui risquent de faire barrage à l’émergence d’une mouvance politique qui n’est que la résurgence d’un fascisme qu’on a eu le tort de croire mort à tout jamais après le nazisme.
Il me semble que l’un des signes les plus clairs de la forte probabilité que Marine LE PEN pense bien, elle, qu’elle entrera dans moins de trente mois à l’Elysée, c’est l’insolence dont le FN fait désormais preuve.
Au-delà de l’ironie de voir un ancien colonel du KGB, câliner Marine LE PEN, oser se faire consentir un prêt de neuf millions d’euros par une banque Russe, dont on sait que Vladimir POUTINE la contrôle étroitement, n’est-ce pas un pied de nez inouï à la bien-pensance politique ? Le problème, dans ce cas n‘est d’ailleurs pas principalement qu’il s’agisse de la Russie, mais dans le fait d’aller chercher ses financements à l’étranger et avec le feu vert d’un Chef d’Etat étranger. Pour un parti prônant la « préférence nationale », ce serait cocasse si ça n’était pas odieux.
Avoir parmi ses plus proches de nombreux indivividus dont le flirt avec les néo-nazis n’est un secret pour personne, jusqu’à pratiquer le salut nazi, ne traduit-il pas que l’époque de la dédiabolisation est probablement passée et que le camouflage du loup sous une peau de mouton n’est plus indispensable ?
Voir le conseiller municipal, leader du FN à Lyon, se payer le culot d’inviter publiquement le maire de Lyon à se rendre le week-end prochain au congrés du FN qui se déroulera dans notre ville, en se moquant de lui en affirmant qu’il serait plus en sécurité au milieu des délégués du FN que dans les rues de Lyon, n’est-ce pas d’une insolence inimaginable il y a encore peu de temps ?
Oui, le FN se sent déjà sur les marches du Palais et son insolence, presque potache, ne fait que traduire cette conviction. C’est une faille, car nul ne doit vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais la faille ne brisera la marche en avant que si les Républicains, de tous bords, mènent le combat sans aucune faiblesse.
Jean-Paul Bourgès 25 novembre 2014