On vient d’extraire, d’une mine de diamants du Botswana, un diamant de mille-cent-onze carats (Soit deux-cent-vingt-deux grammes). Il s’agit du cristal le plus gros extrait depuis plus d’un siècle. Le « Cullinan », qui orne le sceptre du roi Edouard VII, pesait moins de la moitié de ce bloc de diamant.
Cette information, diffusée par l’AFP, nous parvient en même temps que celle de l’effondrement intervenu dans une mine de jade en Birmanie, où moururent à peu près autant de personnes que lors des attentats du 13 novembre.
Il existe, bien évidemment, une différence majeure entre un accident industriel ne devant rien à la volonté humaine et un massacre, voulu et exécuté froidement par des hommes pour terroriser une population.
Comment pouvons-nous, cependant, être aussi indifférents au sort de ces presque esclaves qui cherchent derrière les pelleteuses des mines, le moindre éclat de pierre précieuse qui leur rapportera juste de quoi survivre quelques jours.
Qui se souciera de la souffrance des mineurs de l’Entreprise Lucana, dont le siège est à Vancouver sur la côte ouest du Canada, lorsque ce bloc de mille-cent-onze carats aura été fractionné en pierres plus modestes mais de dimensions exceptionnelles et que les diamantaires d’Anvers les auront transformées en bijoux que seuls des émirs peuvent offrir à leurs épouses ? Pour l’instant la valeur de l’action de l’entreprise Lucana a bondi de trente pourcent en une seule séance boursière … tout va bien et même très-très bien … pour les actionnaires.
La dimension rarissime de ce bloc de diamant n’est-elle pas emblématique du niveau de folie atteint par notre monde où la richesse, comme la misère, dépassent les limites de ce que l’Homme peut supporter sans en ressentir une profonde humiliation, puis une intense frustration … et, enfin, un sentiment de révolte le rendant ouvert à tous les extrémismes ?
Jean-Paul BOURGÈS 25 novembre 2015