Jeudi le Conseil Constitutionnel a intégralement validé la loi votée récemment sur la « Modernisation de l’Action Publique et d’Affirmation des Métropoles », dite loi MAPAM (On croirait le nom d’un gant pour faire la vaisselle … de taille médium).
Ce texte, au demeurant fort important, traite un premier aspect majeur de l’organisation de l’Ile de France, plus la création de Métropoles centrées autour des plus grandes villes de France : Marseille, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Toulouse, Nantes, Rennes, Rouen Grenoble, et enfin la fusion du Conseil Général du Rhône avec le Grand Lyon sur le territoire de celui-ci. La seule réserve exprimée, mais sans interdire la chose, c’est que le maire de Lyon puisse être également le président de la Métropole.
Dans sa dernière BD en deux petits volumes sur la création du monde par « Le chat », bien sûr, Philippe GELUCK accompagne les principales étapes de la Genèse selon sa féline vision d’un « ET DIEU VIT QUE CELA ETAIT BON ». En paraphrasant GELUCK, qui paraphrasa lui-même la Bible dans le « Livre de la Genèse », nous pouvons dire nous aussi que : « Et, comme le Conseil Constitutionnel, nous voyons que cette réforme est bonne ».
Mais dire « qu’elle est bonne » à propos de cette loi, c’est dire simplement qu’elle n’est pas mauvaise ... et, en tout cas, sûrement pas exprimer qu’elle est suffisante, ni même qu’elle aborde l’essentiel. Vous le savez, pour moi ce qui est principalement à réformer en profondeur, c’est la façon dont chaque citoyen est représenté ... et ce qui serait tellement mieux, associé au fonctionnement des institutions.
Et, pourtant, les seuls commentaires sur cette loi et sa validation par le Conseil Constitutionnel que j’ai lus dans la news-quotidienne d’Acteurs Publics, relevaient de la traditionnelle « guerre des chefs » des principaux « grands élus concernés » et ne portaient que sur le devenir des structures supérieures de notre construction institutionnelle, où chacun d’eux ne se préoccupait que de sa place future dans les nouvelles structures. Existe-t-il des citoyens de base qui se posent cette question ? Bien sûr que non … ils s’en foutent complètement, et cette différence d’intérêt ne devrait-elle pas nous conduire à nous interroger ?
Tant que l’on ne repensera pas, d’abord, la façon dont chacun, sans exception d’âge, de savoir, de sexe, d’origine, de rôle dans l’économie ... peut et même doit être associé à la cellule de base de nos institutions, nous n’avancerons que très marginalement sur le terrain de la démocratie.
Mais, ce que nos grands Enarques, ou mieux nos HEC-Enarques de la promotion Voltaire, ne semblent avoir ni appris, ni découvert, c’est que seule une société d’individus libres et responsables est en mesure d’affronter avec succès les défis du monde moderne qui impose de changer de plus en plus rapidement.
Seules surmonteront les défis du monde qui vient, les sociétés profondément démocratiques ... c’est à dire celles qui seront démocratiques de la base au sommet et dont le sommet ne sera pas très éloigné de la base. Dans ces sociétés là, où chacun sera un acteur motivé comprenant que l’avenir de la société sera aussi le sien, les forces libérées seront énormes. Dans les autres sociétés, il faudra sans cesse accroître les contraintes en déclenchant une résistance passive redoutable. La seule faiblesse de la Chine se trouve dans le fait que ses institutions ne peuvent tenir qu’avec un pesant couvercle de plomb sur la marmite ... mais jusque quand ?
En ce qui concerne la France, il n’y aura de choc de compétitivité que par un choc démocratique et non par une baisse des impôts, qui n’est qu’une dévaluation déguisée puisqu’impossible de façon traditionnelle dans le cadre de l’euro.
Ne nous leurrons pas, nous en sommes fort loin.
Jean-Paul Bourgès 26 janvier 2014