Bonne nouvelle … VALLS a tout compris !

Une loi « Travail » sera soumise au Conseil des Ministres du 9 mars. Les éléments déjà annoncés ont déclenché un véritable haut le cœur dans l’opinion, sous le regard éberlué du MEDEF qui n’avait jamais imaginé qu’un Gouvernement dit de « gauche » lui apporterait sur un plateau d’argent ce qui correspondait à ses rêves les plus fous.

Si un tel projet de loi était voté par une majorité comportant de nombreux membres du PS, cela signifierait un suicide collectif à la manière de ces lemmings qui, en rangs serrés, se précipitent dans la mer sur les rivages scandinaves.

L’issue est encore incertaine malgré le vote largement positif que les parlementaires de droite émettront certainement en se frottant les mains.

Pour l’instant ce qui est à l’origine du titre de ce billet, c’est la réaction de Manuel VALLS à l’article cosigné par une vingtaine de personnalités de gauche dont Martine AUBRY.

Il a parfaitement raison, c’est « une remise en cause générale et globale » de l’action menée depuis son arrivée à Matignon.

Mais a-t-il compris ce que cela signifie concrètement ? Il n’a plus la majorité nécessaire pour gouverner car, même s’il mène la politique que la droite rêvait de conduire, ça n’est pas pour autant que la droite est prête à lui apporter son soutien.

Dans le cadre de nos institutions, cela ne peut déboucher normalement que sur une démission … et ne pas le faire correspondrait à un changement institutionnel profond.

Avant-hier, Michel SAPIN s'est insurgé également devant la légitimité de personnalités membres ou proches du PS contestant fortement la politique conduite par le Gouvernement.

Nous venons donc d’apprendre par ces deux voix … qu’on aurait naguère qualifiées « d’autorisées », que la majorité parlementaire doit obligatoirement approuver le Gouvernement et non que le Gouvernement doit conduire la politique soutenue par la majorité.

Venant juste après la constitutionnalisation de l’état d’urgence, cela confirme une dérive autoritaire extrêmement inquiétante … d’autant qu’elle n’est associée à la résolution d’aucun des soucis rencontrés par nos concitoyens.

Jean-Paul BOURGЀS 26 février 2016

 

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