La recherche médicale progresse chaque jour et certains mystères s’éclairent et donnent des pistes intéressantes pour disposer de traitements. C’est le cas en cancérologie où l’on était largement impuissants jusqu’à présent lorsque le mal, quittant son foyer initial localisé sur un organe, poussait des mésastases dans de nombreuses directions jusqu’à déborder les capacités de lutte contre la maladie.
Cette migration intérieure de la maladie reste encore mystérieuse, mais des chercheurs de l’Université de Stanford ont découvert qu’une protéine, l’AXL, présente à la surface des cellules cancéreuses, capte les signaux d’une autre protéine, la GAS6, pour envoyer aux cellules d’un organe voisin les « ordres » de former de nouvelles cellules cancéreuses.
Ces chercheurs de Stanford ont alors eu l’idée de créer, par génie génétique, une version inoffensive d’AXL susceptible d’empêcher la GAS6 de se lier aux protéines d’AXL pour envoyer ce message de prolifération. Injecter cette AXL modifiée, aurait conduit à une réduction des métastases de l’ordre de 90 % dans des souris atteintes de cancer des ovaires.
Une nouvelle piste, semble-t-il sans effets secondaires, s’ouvre donc en oncologie. C’est fort encourageant.
Les événements récents donnent le sentiment que la haine, la haine aveugle et absolue, se répand chaque jour un peu plus selon un processus d’atteinte progressive de toutes les parties de notre monde. Et l’image de l’invasion d’un organisme par les métastases d’un cancer me semble s’imposer à l’esprit.
Quel est donc ce cancer de nos sociétés ? Que sont ces métastases ? Peut-on trouver une substance capable de stopper l’apparition de métastases ?
Y a-t-il une protéine favorisant la propagation de la haine dans notre société et peut-on bloquer l’association de deux protéines dangereuses pour la vie de l’ensemble de l’Humanité ?
Les deux protéines dont la présence simultanée provoque la diffusion de la F-haine, sont la crise économique et l’ambiance de corruption généralisée qui virevolte autour des responsables politiques de tous bords. Quand s’ajoute à ces facteurs pathogènes internes à notre corps social, l’image du fanatisme criminel de ces fous qui assassinent des innocents et tous ceux qui leur résistent, on a tous les ingrédients d’un cancer foudroyant. Est-il encore temps d’éviter une issue fatale ?
J’en suis de moins en moins sûr et la réponse militaire en Irak, après le Mali, aussi inéluctable qu’elle paraisse, me semble éviter lâchement de s’attaquer au cœur du mal qui nous ronge.
Jean-Paul Bourgès 27 septembre 2014