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Billet de blog 27 octobre 2015

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Communes en carence SRU

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas … dit-on. Est-ce si vrai ? La journée d’hier a tourné toujours autour de la justice sociale … autrement-dit, autour de la volonté de certains d’organiser les conditions d’un « vivre ensemble », tandis que d’autres veulent s’enfermer avec ceux qui leur ressemblent en tous points sans partager l'espace disponible.

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Les jours se suivent et ne se ressemblent pas … dit-on. Est-ce si vrai ? La journée d’hier a tourné toujours autour de la justice sociale … autrement-dit, autour de la volonté de certains d’organiser les conditions d’un « vivre ensemble », tandis que d’autres veulent s’enfermer avec ceux qui leur ressemblent en tous points sans partager l'espace disponible.

Une réunion interministérielle, autrement dit un Conseil des Ministres dédié à un sujet et sans être présidé par le Chef de l’Etat, eut lieu aujourd’hui aux Mureaux. Son objet était «L’égalité et la citoyenneté ».

Parmi les sujets abordés, il y avait l’application de la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain, votée le 13 décembre 2000 à l’époque où Lionel JOSPIN était Premier Ministre). Cette loi comporte de nombreux aspects, dont, en son article 55, l’obligation pour les communes ayant plus de 3.500 habitants, d’atteindre 20 % de logements sociaux d’ici 2020. La loi DUFLOT, du 18 janvier 2013, révisa ces seuils en fixant le niveau à atteindre à 25 % d’ici 2025.

Les communes, renfermées sur leur confort de communes prospères vivant « l’entre-soi », espéraient s’en tirer en payant une pénalisation que leurs concitoyens auraient bien volontiers payée pour éviter de voir arriver dix ou quinze pourcent de personnes moins intéressées par le tennis-club que par la garderie des enfants … pour ceux qui auraient du travail.

Consacrant une partie de mon temps à accompagner des personnes assez défavorisées dans leur recherche d’un logement social, je suis, de longue date, excédé par l’attitude de la commune de Charbonnières-les-Bains, Rhône, qui freine des quatre fers devant tout projet de création de logements accessibles aux plus modestes (Il se trouve que j’habite à un kilomètre de cette commune que je traverse pour me rendre à Lyon).

La commune de Charbonnières-les-Bains fait, aujourd’hui, partie des trente-six communes de France qui ont été pointées du doigt et sur lesquelles les Préfets vont être chargés de prendre les décisions d’urbanisation à la place de ces maires récalcitrants.

Dans le cas de Charbonnières-les-Bains, il se trouve qu’un magnifique terrain d’une dizaine d’hectares, situé le long de l’ancienne RN7, est disponible pour une grande opération immobilière du fait du déménagement du Conseil Régional à Lyon, entre Rhône et Saône dans ce qu’on appelle « La Confluence ». Un projet prévoyait que sur cet espace des logements soient construits et qu’ils comprennent 30 % de logements sociaux, soit cent-cinquante logements accessibles à des personnes gagnant de un à deux SMIC. Desservis par deux lignes de bus urbains et relativement proche du centre et d’une ligne de train, ces logements seraient parfaitement adaptés à beaucoup de personnes que je rencontre chaque semaine.

Faute d’un sens minimum de la solidarité territoriale, cette commune va donc se voir imposer ce qu’elle refusait. C’est une bonne chose … mais ça en aurait été une tellement meilleure si c’était venu de la commune elle-même … au lieu de faire du refus de logements sociaux un thème de campagne municipale.

Je salue, en tout cas l’acte d’autorité républicaine du Gouvernement. Il n’était que temps !

,Jean-Paul BOURGÈS 27 octobre 2015

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