De Papeete à « gare à sa tête »

Il y a des moments où, malgré les reproches qu’on ne peut réfréner devant les politiques menées, il faut saluer le cran dont leurs auteurs font, parfois, preuve.

La semaine écoulée fut particulièrement harassante pour François HOLLANDE et on ne lui tressa pas partout des colliers de fleurs.

En Polynésie il eut à reconnaître les conséquences sanitaires et environnementales des essais nucléaires conduits à Mururoa durant trente ans, et il annonça de nouvelles indemnisations pour les victimes (Au moins pour celles qui sont encore en vie).

Au Pérou ça n’était déjà plus le Pérou pour lui, puisqu’il parla à ses auditeurs du nombre des étudiants boliviens en France ! ! ! Et, pour comble de malheur, il dut abandonner à Lima son avion qui appréciait tellement le climat bolivien, pardon, péruvien … qu’il refusa de redécoller.

Mais, last but not least, sitôt rentré vendredi après-midi à l’Elysée et après une bien courte nuit, dès 6 h 45, il était au Salon de l’Agriculture où il fut copieusement hué et insulté par une foule agricole qui lui aurait bien jeté des tomates si c’était la saison.

J’ai l’air d’ironiser … il y a quand-même de quoi … mais en fait j’ai envie de lui tirer un coup de chapeau pour sa résistance et son calme face aux vents contraires. C’est particulièrement son attitude sous l’accueil musclé des agriculteurs que je salue et respecte.

Certes entouré d’un véritable mur humain d’escorte, où il ne risquait, physiquement, que d’être heurté par la caméra d’un journaliste, il resta d’un calme parfait et n’eut pas un mot de protestation à l’égard de ceux qui venaient de l’insulter. Il a même indiqué qu’il comprenait leur colère.

Son Premier Ministre pourrait en prendre de la graine, lui qui fait poursuivre et condamner un ancien syndicaliste lors d’une récente visite à Mulhouse.

Quand on déclenche la colère, il faut savoir l’affronter calmement … cela s’appelle un comportement politiquement responsable.

Remarquons, enfin, qu’à la suite des violences commises à la Porte de Versailles avec le démontage brutal du stand du ministère de l’Agriculture, aucun démonteur ne se retrouve poursuivi avec comparution immédiate pour destruction de bien public et rébellion contre les forces de l’ordre. Il n’y a que les agriculteurs, en France, qui peuvent agir ainsi sans sanctions.

Certains d’entre eux, bien revêtus d’un blouson marqué « AGRICULTEUR », ne pourraient-ils pas mettre du beurre dans leurs épinards en se louant au profit d’autres catégories de populations que les politiques menées ont mises en colère. Déchirer la chemise blanche d’un DRH, n’aurait pas les mêmes conséquences si c’était un porteur de ce symbole qui le faisait. Chaque manif devrait donc comporter, désormais, une escouade d’agriculteurs bien identifiables … pour assurer l’immunité des manifestants.

Jean-Paul BOURGЀS 28 février 2016

 

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