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Billet de blog 28 août 2014

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Y a-t-il des gagnants ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je n’ai pas voulu commenter à chaud l’adoption d’un cessez-le-feu illimité entre Israël et le Hamas. J’avais besoin de prendre un peu de recul avant de le faire.

Ces cinquante jours m’ont semblé tellement plus longs que sept semaines !

Comme je l’ai écrit dans un récent billet, j’ai eu un grand nombre d’échanges avec une amie de Tel Aviv. Je ne dirai bien sûr pas le contenu de nos discussions, mais elle m’a écrit que j’étais un bon avocat des Palestiniens. De son côté, elle m’a mieux fait comprendre l’état d’esprit des Israéliens.

Nous ne pouvons pas ne pas constater que le Hamas termine cette période de guerre intense, sans avoir été écrasé et en ayant obtenu l’ouverture de discussions d’ici un mois sur les points essentiels que sont le blocus, le rétablissement de l’aéroport de Gaza, la mise en chantier d’un port en eau profonde, l’agrandissement des zones de pêche.

Pour Israël, la menace des roquettes quotidiennes jusque sur Tel Aviv ou les tirs de mortier sur les localités proches de la Bande de Gaza cessent. Même si la dangerosité réelle des tirs fut largement réduite par l’efficacité du système de destruction en vol des roquettes, il n’en reste pas moins que le climat moral d’une population qui doit descendre aux abris plusieurs fois par jour est poussé à un paroxysme de l’angoisse et de la détestation.

Mais quel prix humain pour en arriver là ! Je ne veux même pas citer les nombres de morts et de blessés, tellement je trouve ces dénombrements d’une totale obscénité lorsqu’on en parle de loin.

Espérons que cette énième offensive d’Israël contre Gaza sera bien la dernière parce qu’elle aura débouché sur un accord réel dont le respect sera vraiment garanti par les grandes puissances.

Le Proche Orient dans son ensemble n’est qu’un vaste champ de mines où la haine suinte encore plus que le pétrole. Les interventions militaires n’ont eu, jusqu’à présent, comme résultat que d’étendre le mal, il serait merveilleux que ce qui vient de se passer à Gaza, conduise de nombreux dirigeants de cette vaste région à se transformer en démineurs plutôt qu’en pyromanes comme jusqu’à présent. Parmi les pays qui ont le plus besoin qu’on démine, je pense particulièrement au Liban dont l’exemple d’équilibre multiconfessionnel ne peut qu’être une provocation pour ceux qui rêvent d’un califat exterminateur de tous ceux qui ne partagent pas leur fanatisme. Mon attachement au Liban et aux Libanais m’a conduit à parler particulièrement de ce pays, mais on a vu, une fois de plus, la tension sur les Kurdes, les Chrétiens d’Irak, les Yézidis. Les habitants de ces pays paient fort cher plusieurs décennies d’absurdités des occidentaux qui ne s’intéressaient qu’à la préservation de leur approvisionnement en pétrole.

Cet été de déchaînement des violences, sera peut-être aussi celui d’un virage.

En tout cas, pour l’instant, à mes yeux, les seuls gagnants de « Bordure protectrice » se sont ceux qui, à Gaza, dans les villages israéliens entourant la Bande de Gaza, à Tel Aviv ou ailleurs en Israël peuvent fermer l’œil et enfin se reposer sans craindre d’être réveillés quelques minutes plus tard par le bruit des armes.

Ces cinquante jours de terreur correspondent au centième anniversaire de la boucherie de 1914-1918. Et c’est au cours du mois d’août 1914 que fut réalisé le plus ignoble des records … celui du nombre de morts en une journée de combats.

Espérons, malgré ce rappel, que, cette fois, la paix puisse faire oublier la guerre.

Jean-Paul Bourgès 28 août 2014Israël, 

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