Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

1336 Billets

0 Édition

Billet de blog 28 septembre 2015

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Et si la Catalogne donnait le signal !

Jean-Paul Bourgès (avatar)

Jean-Paul Bourgès

Retraité actif

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Après l’Ecosse il y a quelques temps, qui frôla le même genre de scrutin, la Catalogne vient d’exprimer clairement qu’elle n’envisage pas de vivre encore longtemps comme une simple province du Royaume d’Espagne. Sur des thèmes en apparence différents, la Grèce a fait entendre sa voix en votant une nouvelle fois pour Syriza.

Parallèlement certains pays de l’Union Européenne, moins peuplés et moins importants sur le plan économique que la Catalogne, comme les trois Etats baltes, ou la Slovénie, expriment, sur des sujets essentiels comme le rôle des frontières nationales et l’accueil des réfugiés, que leur vision est radicalement différente de celle des pays qui fondèrent « L’Europe des six ».

Face à ce vaste bordel, on peut se désespérer et baisser les bras. On peut aussi se dire qu’après « L’Europe des Nations », chère à Charles DE GAULLE ; après une Europe largement technocratique et, de fait, alignée sur Washington ; pourrait enfin apparaître une Europe fédérale basée sur une cinquantaine ou une centaine d’Etats-régions.

On s’insurge devant les positions hyper-nationalistes prises par la Hongrie que dirige Viktor ORBAN. Je n’ai pas été le dernier à le faire, tellement certains propos me semblent rappeler douloureusement les thèses d’Adolf HITLER. Mais, avec ses dix millions d’habitants et ses cent-vingt milliards d’euros de PIB, elle pèse moins que la Catalogne.

Les Etats qui composent l’Union Européenne, et la France n’est pas le pays le moins coupable, sont un obstacle à l’émergence d’un continent européen conforme à sa devise « Unis dans la diversité » donnant la parole aux peuples.

L’éclatement prévisible de l’Espagne en trois morceaux, au moins (Castille, Pays Basque, Catalogne), nous montre la voix d’une recomposition du continent européen sur des bases linguistiques, historiques et populaires. De ce point de vue, ne pas adopter le statut des langues régionales est un marqueur de notre tempérament conservateur de myopes et de sourds.

Cette idée bousculera tous ceux qui sont des adeptes de cette France centralisée, mise en route sous Philippe le Bel, poursuivie par Louis XI, portée au pinacle par Louis XIV puis les Jacobins, Napoléon et enfin, la Troisième République.

Il n’est pourtant que temps que nous comprenions que l’unité, dans la diversité, de l’Europe doit enfin dépasser les nationalismes et que le modèle bureaucratique bruxellois nous conduit tout droit à la régression car le système actuel est tout bonnement intolérable et à bout de souffle.

Merci aux Catalans de siffler la fin de la récréation.

,Jean-Paul BOURGÈS 28 septembre 2015

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.