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Billet de blog 29 mars 2014

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Inviter trop tard les contrôleurs…génial, non ?

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Depuis déjà quelques temps, lorsque des scrutins paraissent très tendus et qu’existent des risques de fraude, divers organismes internationaux, comme bien évidemment l’ONU, mais aussi l’Union Européenne ou l’Union Africaine, envoient des observateurs, voire des contrôleurs, chargés de vérifier que les élections se déroulent dans des conditions acceptables et que le verdict des urnes pourra être considéré comme légitime.

L’un de mes amis, depuis qu’il a pris sa retraite, fait partie de ces personnes qui partent bénévolement pour quelques semaines à l’autre bout du monde pour superviser la façon dont se passent des élections et, si les choses ont été correctes sinon parfaites, délivrent une sorte de « certificat de régularité » qui fait la différence entre consultation populaire honnête et bourrage des urnes par le pouvoir en place.

Parfois la présence de ces contrôleurs est exigée par la communauté internationale dans un contexte où, souvent, le scrutin a été imposé aux autorités locales. Mais, généralement, ce sont les autorités locales qui sollicitent la présence d’observateurs afin de bénéficier d’un label qui leur permettra de combattre sur le terrain politique intérieur ceux qui contesteraient le résultat.

Nous savons qu’une élection présidentielle va avoir lieu le 17 avril en Algérie. A cette élection, le président sortant, que l’affaiblissement physique et intellectuel a sorti depuis plus d’un an de tout rôle effectif, est de nouveau candidat pour un quatrième mandat destiné à permettre à un petit clan semi-clandestin de confirmer son emprise autistique sur un pays où la révolte gronde un peu partout.

L'Algérie est un grand pays qui gère de façon indépendante ses processus politiques. De ce fait, pour qu’une mission de contrôle puisse avoir lieu dans le cadre de l’élection présidentielle algérienne, encore eut-il fallu que le gouvernement algérien fasse parvenir à l’Union Européenne une demande en bonne et due forme dans les délais nécessaires à l’organisation de la mission de contrôle/

Faisons un petit effort de mémoire. Qui, craignant de rater complètement un contrôle de géographie, qu’il n’avait pas sérieusement préparé, n’a pas eu envie d’arriver suffisamment en retard pour être envoyé en permanence … puis, au vu des sujets, de protester publiquement en disant qu’il aurait su traiter brillamment ce sujet ?

Le gouvernement algérien vient d’utiliser ce vieux truc de potache un peu cancre : créer lui-même ce qui ne lui permet pas de subir le contrôle qu’il redoute … tout en se posant en victime.

Certains, atteints par de graves dégénérescences neurologiques retombent en enfance. D’autres, détenteurs du pouvoir, nous croient-ils naïfs comme des enfants, en jouant le rôle de ceux qui sont les victimes de délais qu’ils ont oublié de surveiller … volontairement ?

Quand l’Algérie sortira-t-elle de ces gamineries pour aborder son avenir de façon adulte ?

Jean-Paul Bourgès 29 mars 2014

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