Ces jours-ci sont d’une exceptionnelle richesse évocatrice pour ceux qui aiment la France et l’Algérie.
Le début du mois de juillet est associé à l’accession de l’Algérie à l’indépendance. Elle marque aussi le début de cette période historique qui conduisit à la prise de la Bastille et, d’étape en étape, à la fin d’une monarchie de droit divin.
Il y eut, aussi, il y a vingt deux ans aujourd'hui, l’assassinat de Mohamed BOUDIAF, ce rédacteur du texte fondateur de l'indépendance algérienne le 1er novembre 1954, qui avait été rappelé de son exil au Maroc pour sauver l’Algérie de son enlisement début 1992 et qui, ayant attaqué frontalement la corruption et l’usure du système, fut éliminé physiquement après six mois de pouvoir.
Mais laissons les vieux souvenirs de côté, laissons aussi les polémiques de bas étage qui suivirent les manifestations de joie de nombreux jeunes Algériens dans de grandes villes en France devant la classification de l’Algérie pour les huitièmes de finale de la coupe mondiale de football (Une foule survoltée comprend toujours quelques excités qui dégradent divers objets sur leur passage … cela ne justifie pas les propos que j’ai lus dont ceux d’un Premier Ministre qui se croit encore Place Beauvau).
Prenons-nous plutôt à rêver.
L’équipe de France, elle aussi, est parvenue en huitième de finale mais, hélas, le tableau des matchs à venir ne permettra qu’à l’une des deux équipes d’atteindre la demi-finale. Mais quelle belle image ça serait déjà de voir s’affronter pacifiquement l’équipe des Bleus et celle des Verts le 4 juillet à Rio de Janeiro, la veille de la fête nationale de l’Algérie (C’est aussi un cinq juillet qu’avec ma femme nous étions arrivés à Alger pour notre voyage de noce, il y a quarante trois ans).
Que le meilleur gagne et soit présent en demi-finale parmi les quatre meilleures équipes. Et que la joie soit la même de Dunkerque à Tamanrasset, comme aurait dit le Général DE GAULLE si l’une des deux équipes arrive en finale la veille du 14 juillet.
Jean-Paul Bourgès 29 juin 2014